Un nouveau-né décède en plein accouchement à la maternité du Centre Hospitalier de Sarlat.

Sa mère avait dû patienter près de 48 heures avant que le gynécologue-obstétricien ne déclenche la césarienne. Le bébé est décédé durant l’intervention. Les parents ont porté plainte pour homicide involontaire.

Une enquête médico-légale est ordonnée par le parquet de Bergerac, après le dépôt de plainte contre X pour homicide involontaire immédiatement déposée par les parents. 


La brigade de recherche de la gendarmerie de Sarlat a été saisie de l’affaire afin de déterminer les circonstances de ce décès qui serait intervenu lors d’une césarienne. Les employés du service de l’hôpital ont été entendus.

Après 3 mois d’enquête, la mort naturelle ne semble pas avoir été retenue concernant le décès du nouveau-né. Lors des auditions et des examens, de trop nombreuses zones d’ombre ont été révélées pour que l’affaire soit classée sans suite.

La mère avait dû patienter près de 48 heures au centre hospitalier de Sarlat avant que le gynécologue obstétricien ne déclenche la césarienne. L’autopsie pratiquée sur le bébé a révélée qu’à l’arrivée de la mère à l’hôpital l’enfant été viable. Le bébé est décédé in utero avant que ne soit pratiquée la césarienne. 

L’agence régionale de santé (ARS) a mené une enquête administrative dans le service. Selon le docteur Chandernagor, responsable de l’appui et de l’accompagnement des établissements de santé à la direction de l’ARS, la défaillance humaine n’est pas en cause. Il s’agirait plutôt d’un problème d’organisation du service. 

REVUE DE PRESSE :

FRANCE 3 NOUVELLE-AQUITAINE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/dordogne/un-nouveau-ne-decede-en-plein-accouchement-la-maternite-de-l-hopital-de-sarlat-509043.html

FRANCE 3 NOUVELLE-AQUITAINE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/dordogne/les-suites-de-l-enquete-sur-le-deces-d-un-nouveau-ne-l-hopital-de-sarlat-554064.html

SUD OUEST : https://www.sudouest.fr/2014/06/30/sarlat-enquete-sur-la-mort-d-un-nouveau-ne-a-l-hopital-1601003-2147.php

SUD OUEST : https://www.sudouest.fr/2014/07/02/une-inspection-a-l-hopital-de-sarlat-apres-le-deces-d-un-bebe-1603375-2147.php

EGORA : https://www.egora.fr/actus-pro/hopitaux-cliniques/8646-enquete-a-l-hopital-apres-le-deces-d-un-bebe

Accouchements traumatiques : accumulation de plaintes de victimes, dont trois décès, contre un même obstétricien.

L’un des bébés est décédé d’une anoxie cérébrale due à une souffrance fœtale consécutive à une procidence du cordon qui a donné lieu à une césarienne tardive, indique le rapport d’expertise. Les débats ont été tendus avec d’un côté les parents dénonçant l’acharnement du médecin à pratiquer l’accouchement par voie basse et de l’autre un gynécologue assurant avoir tout tenté.

Le docteur Frédéric Velu, gynécologue-obstétricien, a été condamné par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer à dix-huit mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction d’exercice pour avoir « par négligence ou manquement à une obligation de sécurité, causé involontairement le décès de Quentin« . Contestant toute faute médicale, le docteur Velu avait interjeté appel.

L’audience de la cour d’appel de Douai a fait apparaître des avis discordants sur l’expertise médicale qui avait conduit, en première instance, à la condamnation du médecin.

Madame Comyn etait enceinte de son quatrième enfant lorsque, prise de contractions, elle se rend à 4 h 30 à la clinique de la Tamise, à Calais. La sage-femme l’installe en salle d’accouchement, constate que le travail se déroule normalement et appelle le médecin d’astreinte, le docteur Velu, vers 5 h 15. Celui-ci arrive à 5 h 30.

Trois minutes plus tard, une bradycardie fœtale importante (ralentissement du rythme cardiaque) est détectée. A 5 h 38, le gynécologue découvre une procidence du cordon ombilical : le cordon est comprimé, ce qui entraîne une chute de la pression artérielle avec le risque de lésions cérébrales irréversibles, puis de décès du bébé. Chaque minute compte. Ce sont ces minutes écoulées jusqu’à la naissance de l’enfant par césarienne, à 6 h 25, dans un état de mort apparente, qui ont occupé la cour d’appel.

Querelles d’experts

Le bébé décédera des suites « d’une anoxie cérébrale due à une souffrance fœtale consécutive à une procidence du cordon qui a donné lieu à une césarienne tardive« , indique le rapport d’expertise.

Les débats ont été tendus avec, d’un côté, un couple dénonçant « le temps perdu et l’acharnement d’un médecin à vouloir pratiquer l’accouchement par voie basse« , et, de l’autre, un gynécologue assurant avoir « tout tenté« .

De niveau 1, la maternité de la Tamise ne disposait pas d’une équipe chirurgicale de nuit. Il fallait donc appeler, chez eux, anesthésiste, aide opératoire et infirmière-panseuse d’astreinte. « Le drame de cette affaire est qu’on a eu du mal à joindre la panseuse. Je me suis rendu compte qu’on aurait des difficultés à réaliser rapidement la césarienne, alors j’ai tenté de poser un forceps« , a expliqué le docteur Velu.

« Je l’ai supplié de me faire une césarienne, mais il ne m’écoutait pas« , se souvient Mme Comyn. L’un des experts, le docteur Jean-Claude Loisel, a fait valoir que la césarienne est « la règle en cas de procidence du cordon«  et que la tentative de procéder par voie basse était « une erreur«  qui a contribué à retarder la césarienne. 

« En cas de procidence du cordon, tenter la voie basse est tout à fait justifié en attendant la césarienne, cela peut réussir dans 25 % des cas« , a estimé, pour sa part, le professeur Francis Puech, gynécologie-obstétricien et président de la commission nationale de la naissance créée en 2004 par le Ministère de la Santé.

Regrettant qu’une « contre-expertise n’ait pas été demandée en son temps », l’avocate générale, Catherine Champrenault, a refusé d’entrer dans cette « querelle d’experts«  et a requis la confirmation de la peine prononcée en première instance. « Il y avait une solution pour sauver ce bébé, elle n’a pas été mise en oeuvre suffisamment tôt« , a-t-elle insisté, ajoutant : « J’éprouve pour (les parents) une infinie compassion et je partage avec eux leur sentiment que la mort de Quentin aurait pu être évitée.« 

Maître Frank Berton, avocat du docteur Velu, a dénoncé « la dérive incroyable de la mise en responsabilité des médecins : on ne fonctionne plus que sur l’émotion et l’affectif, et plus sur la science et le droit« . Réclamant la relaxe de son client, il a estimé qu’il n’était « pas possible de faire peser sur le docteur Velu la responsabilité pénale du délai nécessaire (…) à la réalisation de la césarienne. Sinon, c’en est fini de la profession de gynécologue-obstétricien« . Arrêt le 26 juin.

D’autres familles ont contacté la famille Comyn pour dénoncer les agissements du Docteur Velu

Ces affaires sont distinctes, mais d’autres familles reprochent au docteur Velu son attitude pendant leurs accouchements. Il lui est également reproché des épisiotomies mal faites ou des sutures réalisées en costume de ville.

Dans la plainte au civil de la famille Noël : leur fils Louis est né sans jambes, sans que le médecin ne l’ait remarqué sur aucune des huit échographies. La responsabilité du médecin pourrait être aussi revue dans le décès de Valérie Debruyne et de sa fille Océane lors de l’accouchement, survenus cinq mois avant le décès de l’enfant de la famille Comyn.

Les experts n’ayant pas réussi à déterminer la cause exacte de la mort, le médecin et la clinique ont été relaxés, mais devront comparaître en appel. La cour déterminera s’il y a eu faute lors de l’accouchement qui s’est soldé par les deux décès. Ainsi alors que la patiente était inquiète d’avoir dépassé le terme le docteur Velu lui aurait refusé une césarienne et serait parti en congé sans laisser de consignes.

Puis l’accouchement a été compliqué. L’équipe a perdu un temps précieux lors du transfert au bloc : la table d’accouchement ne passait pas la porte. Madame Debruyne est décédée dans la journée à l’hôpital où elle a été transférée pour hémorragie, sa fille Océane est décédée deux jours plus tard par manque d’oxygénation du cerveau. Son mari Stéphane est décidé à se battre jusqu’au bout : « La clinique n’est pas capable de gérer l’urgence. Ce qui est arrivé n’a même pas servi de leçon, c’est honteux, ils n’ont pas su se remettre en cause. Mon épouse aurait pu être sauvée. Il n’y avait pas de poches de sang pour les hémorragies. »

Une dizaine de témoignages en tout ont été envoyés à la famille Comyn et ont ainsi pu être versés au dossier.

« Nous n’avons jamais reçu de plaintes » , affirme le PDG de la clinique, Patrick Loez, qui a tout de même renvoyé le docteur Frédéric Velu.

« On ne s’est pas penchés sur ces lettres, on a centré l’enquête sur les diagnostics, indique- t- on au SRPJ de Lille. Même si on a vu qu’il y avait un problème avec ce médecin. »

Le Conseil de l’Ordre du Pas-de-Calais autorise le medecin a continuer d’exercer

Alerté deux fois, par la clinique et par la plainte de la famille Comyn, le Conseil de l’Ordre des Médecins n’a pas pris de sanction. « Il est classique d’attendre la décision pénale, affirme Marc Biencourt, président du Conseil de l’Ordre du Pas-de-Calais. Car il y a présomption d’innocence, et les experts de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation ne le mettent pas en cause. » Ainsi le docteur Frédéric Velu a pu continuer d’exercer dans un cabinet de gynécologie à Liévin, et tenir aussi des consultations au CH de Lens.

DEPUIS HIER, on ne pratique plus aucun accouchement à la clinique de la Tamise, à Calais (Pas-de-Calais). Après une série de décès suspects et des dysfonctionnements signalés depuis plusieurs mois, l’agence régionale de l’hospitalisation (ARH) a décidé de suspendre pour un mois les activités chirurgicales et obstétricales. Depuis août dernier, trois nouveau-nés et deux jeunes femmes sont décédés dans ces services. « En attendant de savoir si un lien existe entre les problèmes de sécurité et les décès, nous fermons, explique Gérard Dumont, directeur de l’ARH. L’établissement devra se mettre aux normes. Nous avons constaté des problèmes de matériel et de locaux, notamment ceux du bloc opératoire. »

« La clinique n’est pas capable de gérer l’urgence »

La justice enquête également sur cette affaire. Le parquet de Boulogne-sur-Mer a ouvert hier une information judiciaire contre X pour homicide involontaire. Vendredi dernier, la maman d’un nouveau-né, décédé la veille à la clinique, est morte à la suite de complications. Une plainte a été déposée, la troisième en six mois. « C’est un enchaînement d’accidents malheureux, justifie Gérard Dayez, directeur de cet établissement qui compte moins d’une centaine de lits. Ces événements, indépendants les uns des autres, relèvent de pathologies graves. Jusqu’à preuve du contraire, ils ne mettent pas en cause les maladies prodigués. » Cette clinique vieillissante, fondée en 1963, aurait toujours, selon ses responsables, bénéficié d’une bonne réputation. En décembre dernier, un gynécologue obstétricien avait pourtant été suspendu temporairement après le décès d’un bébé.

Stéphane Debruyne, 41 ans, qui a perdu sa femme et sa fille l’été dernier, est décidé à se battre jusqu’au bout : « La clinique n’est pas capable de gérer l’urgence. Ce qui est arrivé n’a même pas servi de leçon, c’est honteux, ils n’ont pas su se remettre en cause. Mon épouse aurait pu être sauvée. Il n’y avait pas de poches de sang pour les hémorragies. » Pour l’agence régionale de l’hospitalisation, basée à Lille, cette décision de fermeture est une première. « Le taux de mortalité périnatale dans la région est dans la moyenne nationale, c’est-à-dire assez faible, ajoute Gérard Dumont. Cette série d’accidents nous paraît anormale. » La clinique de la Tamise avait déjà été épinglée lors d’une inspection sanitaire de routine courant 2000. Les interrogations subsistent. Pendant le déroulement de l’enquête, les patients des services suspendus sont transférés dans d’autres hôpitaux de la région.

REVUE DE PRESSE :

via LE MONDE : https://www.lemonde.fr/societe/article/2006/05/04/querelle-d-experts-autour-de-la-mort-d-un-nouveau-ne_768186_3224.html

LIBERATION : https://www.liberation.fr/societe/2001/01/15/cinq-morts-suspectes-dans-une-maternite-de-calais_351021

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/faits-divers/cinq-morts-suspectes-en-six-mois-a-la-maternite-calais-de-notre-correspondant-14-01-2001-2001890560.php

LA VOIX DU NORD : https://www.lavoixdunord.fr/art/region/calais-fermee-depuis-2004-la-clinique-de-la-tamise-ia33b48581n3301160

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/faits-divers/cinq-morts-suspectes-en-six-mois-a-la-maternite-calais-de-notre-correspondant-14-01-2001-2001890560.php

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/lille/41100-20041207-lille-les-soupcons-planent-sur-le-gyneco

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/lille/4900-20060130-lille-l-ordre-blanchit-le-gyneco

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/lille/84082-20060503-lille-le-docteur-velu-met-en-cause-la-clinique-de-la-tamise

TÉMOIGNAGE D’UNE AUTRE VICTIME DU DOCTEUR VELU : https://aurorepascal.skyrock.com/2303219171-avi-au-futur-maman-qui-viendron-voir-mon-blog.html

Lillebonne : l’hôpital condamné pour faute suite au décès d’un nouveau-né.

Une famille soulagée mais éprouvée par 5 années de procédures judiciaires et par le manque de considération des autorités envers les circonstances du décès de leur fils Paul, suite à des conditions d’accouchement compliquées.

« C’est un soulagement »

 « Avec mon mari, c’est tout ce qu’on voulait : ne plus porter cette culpabilité », confie Sandrine Laurent.

Dans sa décision rendue vendredi 25 mai 2018, le tribunal administratif de Rouen a reconnu la responsabilité du Centre Hospitalier Intercommunal de Lillebonne dans le décès de son fils Paul survenu quatre jours après sa naissance. L’hôpital a été condamné pour « faute de diagnostic » et « erreur d’interprétation du rythme cardiaque ».

C’était le 11 février 2013. Sandrine Laurent est dans son 8ème mois de grossesse. Elle perd du sang. Domiciliée à l’époque à Maulévrier-Sainte-Gertrude, elle se rend en pleine nuit aux urgences de l’hôpital de Lillebonne, distant de 20 km. « Une sage-femme me fait passer un monitoring et constate que les battements de cœur du bébé sont élevés. Elle me fait faire des examens gynécologiques, mais pas d’échographie. Puis elle me dit de rentrer chez moi et de revenir plus tard pour des examens plus approfondis. À la maison, je prépare la valise car je sens que ça va arriver. »

Sandrine retourne à la maternité en début d’après-midi. Cette fois, les battements du cœur de son enfant sont beaucoup trop faibles. La maman doit accoucher par césarienne. Victime d’une hémorragie de Benckiser, pathologie rare provoquée par la rupture d’un vaisseau ombilical, son bébé est dans un état de mort apparente. Accompagné par Nicolas, son papa, pendant que sa maman reste alitée à Lillebonne, Paul est aussitôt transféré par le Samu au CHU de Rouen, où il décédera quatre jours plus tard. S’engage alors une longue procédure.

Les parents déposent plainte contre X pour homicide involontaire. Le 31 octobre 2014, le tribunal de grande instance du Havre prononce un non-lieu. Me Tietart-Frogé, l’avocate des parents, lance une procédure auprès du tribunal administratif de Rouen pour se retourner contre l’hôpital de Lillebonne. L’affaire a été jugée le 13 avril et la décision rendue.

« Un calcul horrible »

Reconnu coupable, le Centre Hospitalier est condamné à verser près de 25 000 € selon «un calcul horrible» pour Sandrine.

« C’est 8000€ pour la maman, 800€ pour le papa parce qu’il a payé la tombe, 3200€ pour Jules, notre fils âgé de 9 ans, et 4000€ pour Paul, en l’occurrence ses ayants droit. 25000€, c’est une somme symbolique pour l’hôpital. Mais ce n’est pas cela qui compte. Nous, ce qu’on voulait, c’est que l’hôpital reconnaisse ses torts, ses défauts de prise en charge. Qu’on nous fasse des excuses. Que ça fasse réfléchir le personnel hospitalier pour qu’il soit plus à l’écoute des patients. Mais on n’a jamais pu s’exprimer, jamais pu parler de souffrance. On sait bien que le personnel galère, mais enfin, quand une maman dit qu’elle sent des trucs bizarres… Après coup, on se dit : Mais pourquoi on n’a pas insisté? Pourquoi on leur a fait confiance ? La décision du tribunal va nous aider à déculpabiliser. »

Contactée, la direction de l’hôpital n’a pas donné suite aux sollicitations du journal PARIS-NORMANDIE.

Sandrine Laurent à Paris l’an dernier, lors d’un événement dédié au deuil périnatal, sorte de « thérapie » pour l’aider à se reconstruire

REVUE DE PRESSE :

PARIS-NORMANDIE : https://www.paris-normandie.fr/actualites/faits-divers/deces-d-un-nourrison-en-2013–l-hopital-de-lillebonne-condamne-BC13118801

FRANCE 3 NORMANDIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/lillebone/lillebonne-hopital-condamne-faute-diagnostic-suite-au-deces-nourrisson-1487159.html

Décès d’un nouveau-né dans les Yvelines : les parents attaquent l’hôpital Parly 2 en justice.

Une famille endeuillée par le décès de son bébé en décembre 2019 lors d’un accouchement traumatique a décidé de porter l’affaire en justice. L’obstétricien a admis qu’il aurait dû pratiquer une césarienne.

Ils sont encore sous le choc. Piotr et Ika Zywiecki ont perdu leur petite Diana, le 3 décembre 2019, lors de l’accouchement à l’hôpital privé Parly 2 du Chesnay. Ce jour-là, à 22 h 39, le décès de l’enfant est constaté. Le rapport du pédiatre parle d’une « dystocie des épaules », laquelle a entraîné « l’écrasement du cordon ». « L’enfant n’a pu être ranimé », stipule ensuite le rapport cosigné par le Samu.

Quarante jours après ce drame, le couple Zywiecki ne comprend toujours pas ce qui est arrivé, et s’apprête à intenter une action en justice. D’autant que l’autopsie qu’ils ont fait pratiquer sur le corps de l’enfant, révèle que celui-ci était parfaitement viable.

En 2018, l’hôpital privé Parly 2 avait modernisé sa maternité en investissant 1 million d'euros pour aménager son plateau technique. Générale de Santé
En 2018, l’hôpital privé Parly 2 avait modernisé sa maternité en investissant 1 million d’euros pour aménager son plateau technique. Générale de Santé.  

Tout commence au cœur de l’été. Le gynécologue obstétricien exerce depuis une dizaine d’années à Parly 2, pratique un examen fin juillet. Il relève une « macrosomie », c’est-à-dire un fœtus ayant une évolution plus grosse que la normale.

Le 2 août, lors d’une échographie, un « diabète gestationnel » est découvert. Cette maladie, qui peut apparaître lors de la grossesse, disparaît après celle-ci. Provoquée par une résistance temporaire du corps de la mère à l’insuline, elle peut faire exagérément grossir l’enfant et signifie quasiment à coup sûr un accouchement par césarienne.

En septembre, Ika rencontre une diabétologue qui préconise un suivi alimentaire strict. La maladie est stabilisée tant bien que mal. « A ce moment-là, on nous dit que tout est normal. Que comme je suis un homme plutôt corpulent et fort, le bébé serait pareil », raconte Piotr dont le passé de joueur de rugby parle pour lui.

« Ils tapent avec leurs poings sur le ventre de ma femme, qui aura des hématomes »

En septembre, nouvelle échographie et revirement. « Comme par magie, le bébé redevient normal. On ne parle plus de macrosomie », reprend-il. Le 7 novembre lors d’une échographie réalisée quatre semaines avant l’accouchement, le gynécologue estime que le bébé pèsera « 3,293 kg » à plus ou moins 500 g. Une « plaisanterie » pour Piotr.

Vient enfin l’accouchement, le 3 décembre. Ce jour-là, leur gynécologue attitré passe voir le couple. « Je viendrais vous voir demain pour vous féliciter », dit-il avant de s’éclipser vers 19 heures. Son homologue, qui récupère le dossier vers 20 heures mais ne connaît pas les antécédents de la parturiente, évoque tout de suite « une grosse tête » pour le nourrisson.

Ika étant en dilatation totale, il prend une ventouse pour tenter de le sortir. Pendant 25 minutes, la tête est sortie mais les épaules bloquent. « Je vois la scène et le docteur se met à paniquer. Il me dit que l’enfant va avoir des problèmes. Je sens l’urgence totale. Ils tapent avec leurs poings sur le ventre de ma femme qui aura des hématomes pendant quatre semaines. Ils finissent par joindre une de leurs collègues qui avec ses doigts plus fins arrive enfin à sortir le bébé », raconte Piotr.

L’accouchement est officiel à 21 h 10. L’hôpital appelle le Samu. « Ils l’ont fait au bout de 3 minutes et le rapport indique qu’il est arrivé entre 52 et 57 minutes plus tard. Dans les 10 minutes suivant son arrivée, le Samu constate le décès », dit-il.

Colère et amertume

Le lendemain, une sage-femme et un docteur recommandent au couple de procéder à une autopsie. La cadre de santé est moins affirmative. « Ce n’est pas remboursé », leur lance-t-elle. Une photo du bébé post-mortem leur est tendue avant qu’on leur demande de partir. « Cela nous a beaucoup choqués. Seul le directeur a pris la peine de venir nous voir et a compati à notre malheur », lâchent Ika et Piotr.

Le couple, qui avait fait le choix du privé, le regrette avec énormément d’amertume et a bien du mal à retenir sa colère. « Nous sommes persuadés qu’on a accouché trop tard, qu’il aurait dû y avoir une césarienne. Les erreurs médicales se sont succédé. La petite n’avait aucune chance et la maman aurait pu y rester aussi. Pourquoi le Samu est-il arrivé si tard ? » s’interrogent-ils.

Le gynécologue se dit «effondré»

Contacté par nos soins, le docteur se déclare « effondré ». « Dans ma vie de médecin, confie-t-il, c’est un gros échec. On fait tout pour que les parents repartent avec un enfant en bonne santé. Rétrospectivement, je pense qu’il aurait fallu pratiquer une césarienne et je l’aurais fait si j’avais su que l’enfant ferait 5 kg mais rien ne me permettait de le penser avant lorsque j’ai fait faire une échographie début novembre. » Le gynécologue n’a cessé de tendre la main au couple Zywiecki. « Dès le lendemain du drame, je leur ai dit que ma porte leur était ouverte et que, même si rien ne pouvait changer cette situation, je pouvais répondre aux questions qu’ils me poseraient », raconte le praticien, qui pense que ce sont les experts des commissions d’indemnisation et de conciliation qui détermineront les responsabilités médicales.

Du côté de l’hôpital privé Parly 2, le directeur, Denis Chandesris renouvelle ses condoléances à la famille. « Nous avons fait le maximum dans le suivi post événement et j’ai fait en sorte qu’ils disposent d’un dossier très complet. Il y a pu y avoir des maladresses de certains après coup mais lors de l’accouchement, une équipe de soins complète était réunie à leurs côtés. Les questions d’ordre médicales seront traitées dans le cadre des commissions ad hoc si la famille les saisit », explique-t-il.

REVUE DE PRESSE :

Via LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/yvelines-78/mort-d-un-nouveau-ne-dans-les-yvelines-la-petite-n-avait-aucune-chance-accuse-le-pere-13-01-2020-8234883.php

Drames à Metz : deux femmes décèdent après avoir accouché dans une clinique.

Deux femmes sont décédées à quelques semaines d’intervalle, peu après avoir accouché à la clinique Claude-Bernard de Metz (Moselle). Ces décès ont été signalés aux autorités sanitaires et juridiques compétentes. Un juge d’instruction a été saisi.

La mort de deux jeunes mamans à quelques semaines d’intervalle, après avoir mis au monde leur enfant dans la même maternité, oblige forcément à se poser des questions. Elles ont déclenché des investigations pour tenter d’y répondre.

L’Agence Régionale de Santé (ARS) a été saisie des cas. Très peu d’informations ont transpiré au sujet du premier décès, constaté le 17 août à Nancy, où la maman avait été transférée d’urgence.

Le procureur de la République de Metz a reçu un signalement pour le second, du 18 septembre dernier. Les services du parquet « ont lancé une enquête confiée à la police judiciaire de Metz. Un juge d’instruction a été saisi afin de déterminer les causes de la mort », prévient Christian Mercuri.

Le 18 septembre, donc, une femme de 37 ans a succombé à l’hôpital de Mercy où elle venait d’être conduite d’urgence après avoir donné naissance à un bébé prématuré à la clinique Claude-Bernard. Elle devait être héliportée à Strasbourg, mais le temps a manqué. L’ARS et le parquet ont été prévenus dans la foulée. « C’est la procédure en cas d’événement inattendu », explique sobrement le service juridique du CHR, contraint par le secret médical.

D’après certaines indiscrétions, l’état de santé général de la jeune femme à son arrivée a « stupéfié » l’équipe médicale de l’hôpital de Mercy.

Enquête médico-administrative de l’ARS

L’autopsie réalisée il y a quelques jours « n’a pas apporté de réponse, prévient le procureur. Il va falloir d’autres analyses pour en savoir plus. Raison pour laquelle nous avons ouvert une information judiciaire. »

Le compagnon de la défunte a porté plainte et a déjà été entendu par l’antenne messine de la police judiciaire.

L’Agence régionale de santé Grand Est a confirmé, hier, avoir été « informée du décès de deux femmes, qui ont été signalés aux autorités sanitaires et juridiques compétentes. Dans chaque cas, l’ARS a décidé de mettre en œuvre une enquête médico-administrative afin d’identifier les circonstances et les causes des décès et de s’assurer que les conditions de prise en charge répondaient bien à la réglementation en vigueur. Pour le second cas en particulier, une procédure judiciaire et une enquête sont lancées. Les documents et dossiers médicaux sont en cours d’analyse et ne nous permettent pas de communiquer à ce stade. »

« Nous sommes régulièrement pointés du doigt… »

Le directeur de la clinique, Gabriel Giacometti, comprend « l’immense douleur des familles de ces deux patientes. Nous les avons rencontrées à plusieurs reprises. Les médecins et les équipes de la clinique sont également très choqués par ces drames. » L’établissement veut comprendre ce qui s’est passé.

« Dès la survenue de ces décès, nous avons déclaré ces événements sur la plateforme dédiée de l’ARS, conformément aux protocoles instaurés sur le plan régional, indique le directeur. En ce qui concerne le décès du 17 août, nous sommes dans l’attente des résultats de cette inspection. […] Pour celui du 18 septembre, le dossier est en cours d’instruction. Nous collaborons avec la justice. »

Au sein de l’établissement, « l’ambiance est lourde, morose », souffle un membre de l’équipe médicale. « C’est une grande souffrance pour tout le monde. Nous sommes régulièrement pointés du doigt, quelque chose ne va pas. Ces problèmes créent une pression difficile à supporter », soupire une autre source.

Des propos qui font aussi écho à l’enquête pénale en cours autour de l’organisation générale de la clinique et déclenchée après la mort du jeune Corentin Jeras, 11 ans, des suites d’une opération de l’appendicite le 1er  novembre 2014.

REVUE DE PRESSE :

via LE REPUBLICAIN LORRAIN : https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-metz-ville/2019/10/04/claude-bernard-des-enquetes-apres-le-deces-de-deux-mamans

OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/grand-est/metz/metz-deux-femmes-decedent-apres-avoir-accouche-dans-une-clinique-des-enquetes-ouvertes-6550240

CNEWS : https://www.cnews.fr/france/2019-10-06/metz-deux-femmes-decedent-dans-la-meme-maternite-apres-leur-accouchement-886199

ACTU.FR : https://actu.fr/grand-est/metz_57463/mamans-decedees-apres-leur-accouchement-dans-une-clinique-metz-explications-la-direction_28182043.html

VOSGES MATIN : https://www.vosgesmatin.fr/france-monde/2019/10/05/deux-mamans-decedent-apres-leur-accouchement-dans-la-meme-maternite

DNA : https://www.dna.fr/france-monde/2019/10/05/deux-mamans-decedent-apres-leur-accouchement-dans-la-meme-maternite

SUD OUEST : https://www.sudouest.fr/2019/10/05/metz-deux-femmes-decedent-apres-leur-accouchement-dans-la-meme-maternite-6658676-4696.php

NICE MATIN : https://www.nicematin.com/sante/deux-femmes-decedent-apres-leur-accouchement-dans-la-meme-maternite-a-metz-une-enquete-ouverte-419818

MAGIC MAMAN : https://www.magicmaman.com/deux-meres-decedent-apres-avoir-accouche-dans-la-meme-maternite-une-enquete-est-ouverte,3643864.asp