Dinan : sa compagne est décédée après avoir accouché à la maternité, il porte plainte.

La jeune femme est décédée d’une hémorragie quelques heures après avoir donné la vie à son deuxième enfant, à la maternité de Dinan. La tête du bébé demeurait bloquée et l’obstétricien a décidé de procéder à une césarienne quatre heures plus tard.

« Cela aurait dû être un des plus beaux jours de notre vie. C’est devenu le pire », déplore David* qui a perdu sa compagne le 5 mai 2019. Le couple avait décidé, pour la seconde fois, de faire naître son enfant à la maternité de Dinan. A quelques kilomètres de leur maison neuve, où ils avaient emménagé le 23 décembre, à la campagne. « Que du bonheur en perspective », glisse la maman de David qui vient tous les jours avec son mari soutenir leur fils accablé par le drame et le seconder dans sa mission de père, désormais seul.

Maïwen* a accouché à la maternité de Dinan à 15h11, le 4 mai. Elle était rentrée à l’hôpital la veille à 18h.

David* qui l’avait rejointe à 5h du matin raconte : « La péridurale ne fonctionnait pas, elle sentait les contractions. Il en avait été de même pour notre premier enfant, il y a cinq ans et demi. Alors, on ne s’alarmait pas. La tête de notre bébé a commencé à bloquer et cela a duré quatre heures. Le gynécologue de garde a donc décidé de procéder à une césarienne à 14h30. »

Elle avait très mal au ventre

L’opération s’est bien passée, le couple a pu se réjouir ensemble de la naissance de son petit garçon. La maman l’a allaité.

Sa grande sœur de cinq ans et demi a pu le découvrir par vidéo, ne pouvant être présente, en raison des restrictions liées au Covid-19.

« A sa 3ème visite, le médecin a constaté que quelque chose n’allait pas. Elle souffrait terriblement lorsqu’il appuyait sur son ventre. Comme s’il s’agissait de contractions. »

Une hémorragie

Vers 17h, le papa, qui tient son nouveau-né dans ses bras, voit sa compagne partir vers le bloc chirurgical. Ils vient d’apprendre que Maïwen fait une hémorragie.

« L’attente est devenue interminable. Une sage-femme m’a rassuré. Puis le gynécologue m’a appris qu’il avait dû effectuer une ablation de l’utérus mais que l’hémorragie était stoppée. Il m’a également signifié que ma compagne serait transportée vers un centre de réanimation, Saint-Brieuc, Saint-Malo ou Rennes. »

Mais à minuit, soit une heure après avoir appris que l’état de sa compagne était « stabilisé », celle-ci fait une rechute. Un anesthésiste informe David que la situation est grave. Le jeune homme « ne tient plus debout » et doit s’allonger sur un lit lorsqu’il pense entendre « qu’on a choqué la patiente » autrement dit qu’on tente de la réanimer.

Transportée par ambulance

Vers 2h30, la jeune maman sera transportée par une ambulance du Samu à Pontchaillou. « Il m’a été dit qu’elle avait reçu dix poches de sang. »

« Une erreur a été commise »

C’est à 5h du matin que le jeune homme apprend, par téléphone, le décès de sa compagne, survenu une heure auparavant. Il se rend à Pontchaillou avec ses parents, la mère et le frère de Maïwen.

« Nous sommes cinq à pouvoir assurer que la médecin qui l’a prise en charge nous a dit qu’elle était intransportable. Qu’avant de conclure à son décès, une heure de massage cardiaque a été prodiguée. Selon elle, quelque chose s’est passé et dans un pays comme le nôtre, cela ne devrait pas arriver.»

Le motif du décès est officiellement une CIVD, une Coagulation Intra Vasculaire Disséminée, qui intervient le plus souvent, justement, lors de complications obstétricales.

Le 16 mai dernier, David a porté plainte à la gendarmerie de Dinan pour homicide involontaire. Il précise que sa compagne avait également fait une hémorragie, lors de son premier accouchement, mais sans commune mesure avec celle du 4 mai.

« Ma femme vit à travers mes enfants »

Maïwen avait 35 ans. « Elle croquait la vie à pleines dents », assure sa belle-mère.

« Elle aimait le football, comme moi. Nous allions ensemble voir les matchs à Rennes, mais aussi à Amsterdam ou encore en Angleterre. Elle aimait aussi les concerts », raconte David.

Cet électricien plombier chauffagiste de 34 ans reprendra le travail probablement à la rentrée lorsque sa fille retournera à l’école et qu’il aura une nourrice pour son bébé.

Il ne veut « pas se laisser dépérir. Il va falloir avancer, pour mes enfants. Ma femme vit à travers eux ».

C’est aussi pour eux qu’il dit porter plainte car « il faudra bien, un jour, leur dire ce qu’il s’est passé. Aujourd’hui, on ne sait pas ».

En colère contre l’hôpital

Lui et ses parents n’acceptent pas la version de l’hôpital qui prétend avoir respecté tous les protocoles.

« J’ai été reçu lors d’une réunion de médiation, vendredi dernier, soit cinq semaines après le décès de ma compagne. Auparavant, je n’ai eu que des appels téléphoniques, voire des courriels. Mais on ne m’a pas reçu pour des raisons de planning. »

Sa mère confirme : 

« Une cellule psychologique a été mise en place pour les soignants qui ont vécu ce drame. Mais rien pour nous, pour David et sa fille. Mon fils, malgré son chagrin, doit effectuer des tâches administratives d’autant plus nombreuses qu’ils n’étaient ni mariés, ni pacsés. »

« Donner la vie et la perdre aussitôt »

Le jeune homme attend désormais de disposer des dossiers médicaux de la mère de ses enfants pour tenter de comprendre. Il ne se résigne pas :

« On ne peut pas dire que c’est la fatalité. Donner la vie et la perdre aussitôt, c’est inconcevable. Je sais bien que ce type d’accident peut encore arriver, mais il faut tous les dispositifs pour l’éviter. »

Selon lui, « si l’hôpital avait été équipé d’un service de réanimation, elle aurait peut-être pu être sauvée. De précieuses minutes auraient été gagnées. »

Pour lui, comme pour sa mère, désormais, « cette maternité doit être fermée. Pourtant, nous nous étions réjouis lorsque les accouchements avaient pu reprendre, le 1er octobre dernier, après trois mois d’interruption**. Ma compagne était employée de cet hôpital. »

Une enquête sanitaire a été confiée au directeur du service maternité du CHU de Rennes, à la demande du groupement hospitalier de Territoire, Rance Emeraude.

Suite à nos demande d’entretien, la Direction des Centres Hospitaliers de Saint-Malo, Dinan et Cancale rappelle qu’aucune conclusion ne peut aujourd’hui être soutenue.

« Tout événement grave survenu dans un établissement de santé fait l’objet d’une déclaration auprès de l’ARS. Une RMM (Revue de Morbidité et de Mortalité) sera ainsi réalisée par des experts médicaux et des experts en méthodologie indépendants. Comme il l’a été indiqué à la famille de
cette patiente, la Direction a fait le choix de cette analyse du déroulement des événements par une équipe externe, alors même qu’elle pouvait la mener en interne. Seules les conclusions de cette analyse pourront être entendues. Un accompagnement de la famille de la patiente a été mis en place. La Direction et les équipes du Centre Hospitalier de Dinan partagent la douleur de la famille de cette patiente et restent disponibles à leurs côtés.
 »

* Tous les prénoms sont fictifs pour respecter l’anonymat souhaité par cette famille.

** Interruption causée en raison d’un nombre insuffisant de médecins anesthésistes pour sécuriser les accouchements.

REVUE DE PRESSE :

via ACTU.FR : https://actu.fr/bretagne/dinan_22050/dinan-sa-compagne-est-decedee-apres-avoir-accouche-a-la-maternite-il-porte-plainte_34348526.html

FRANCE 3 BRETAGNE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/dinan-plainte-contre-x-apres-deces-maman-maternite-1843198.html

FRANCE BLEU : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/maternite-de-dinan-une-plainte-contre-x-apres-un-tragique-accouchement-1592402304

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/faits_divers/2802335-20200618-bretagne-plainte-contre-x-deposee-apres-deces-maman-venait-accoucher

LE TELEGRAMME : https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/dinan/a-dinan-le-deces-d-une-maman-a-la-maternite-fait-l-objet-d-une-plainte-17-06-2020-12567595.php#:~:text=Une%20femme%20venant%20d’accoucher,hospitalier%20de%20Pontchaillou%2C%20%C3%A0%20Rennes.

« On nous a volé la naissance de notre fils » : un couple porte plainte contre l’hôpital de Guéret, un médecin et une sage-femme.

Un couple porte plainte contre un obstétricien contractuel, une sage-femme ainsi que le centre hospitalier de Guéret, dénonçant des violences obstétricales et des manquements graves ayant mis en danger la vie de leur bébé et de la maman le 5 décembre 2019.

« On nous a volé la naissance et l’enfance de notre fils. »

C’était il y a six mois, mais Marine revit encore dans sa chair, en en parlant, chaque seconde des quatre jours qu’elle a passés à la maternité de Guéret, dans la Creuse. Et les quinze jours qui ont suivi, passés au chevet de son bébé, en réanimation néonatale à l’hôpital mère-enfant de Limoges où il a dû être transféré. 

« On a vu notre fils 14 heures après sa naissance. Il était dans le coma quand on lui a fait sa première toilette. On a pu le prendre dans nos bras que trois jours après sa naissance. On l’a entendu crier seulement cinq jours après. »

A sa naissance, le bébé du couple souffre d’une encéphalopathie anoxo-ischémique néonatale, une complication sévère de l’asphyxie périnatale. En d’autres termes, le bébé a manqué d’oxygène pendant une période conséquente durant le travail. Ainsi que d’une bosse sérosanguine, un hématome entre la peau et les os du crâne « de la taille d’un melon », se rappelle les parents. Deux conséquences de « l’acharnement du médecin », dénoncent-ils, en racontant en détail le déroulé d’une prise en charge où ils ont observé de nombreux « manquements graves » et « incompétences ».

Des « manquements » successifs et un « acharnement » de la part de l’obstétricien

Une radio du bassin refusée plusieurs fois alors que la maman craint qu’il ne « passe pas » par voie basse, une péridurale qui ne fonctionne pas parce que le dosage était dix fois inférieur au protocole, un bolus d’anesthésique surnuméraire sans autorisation de l’anesthésiste, des remarques désobligeantes quant au fait qu’« elle ne sait pas pousser » alors que le bébé n’est pas engagé au moment des premières poussées, l’utilisation de la ventouse sur l’hématome de son bébé, « au moins dix fois », « jusqu’à lui en faire arrêter le cœur » et faire rompre le matériel, puis celle d’un forceps alors que le bébé n’est toujours pas engagé.

Le médecin s’enquiert de savoir si les capteurs marchent lorsque le monitoring du bébé ne montre plus d’activité. « Il a continué sans se demander si ce n’était pas le cœur de mon fils qui avait cessé de battre. ». Marine se souvient alors du “Ce serait dommage de finir par une césarienne madame” du médecin « alors que mon fils est en train de mourir ». Elle demande que la césarienne soit bien sûr pratiquée si elle doit l’être. « Avant qu’on me déclenche, le médecin m’avait demandé de manière désinvolte si je voulais une césarienne. Je lui avais répondu que non, dans la mesure du possible. Pour un premier enfant, on ne pense pas tout de suite à la césarienne », confie la jeune femme. Et comme elle avait été rassurée par le fait qu’une radio du bassin ne semblait pas nécessaire, elle s’en est remise aux décisions médicales.

Leur fils entre la vie et la mort

Un code rouge (*) est finalement déclenché mais la jeune femme ne sera admise au bloc que 30 minutes plus tard. Entre-temps, le médecin « s’acharne encore avec la ventouse ». Pour finir par glisser à la sage-femme « que de toute façon, il ne serait jamais passé ». Il y a aussi ce compte rendu médical incomplet où ne sont pas archivés « les gaz du sang qui permettent de montrer que notre fils a manqué d’oxygène » ou le monitoring du bébé. Et ce déni du médecin qui, réuni le lendemain matin avec le chef de service et l’obstétricien qui a suivi la grossesse de Marine, dit au père que la veille, il avait « proposé une césarienne de confort » à sa femme, et elle n’« en a pas voulu ».

Le papa n’apercevra son fils que 45 minutes après sa naissance. « On nous a dit de ne pas nous inquiéter, qu’il avait avalé du liquide amniotique, qu’ils l’avaient désencombré. » En réalité, leur bébé, qui est né en état de mort apparente, a fait un arrêt cardiaque à une minute de vie et a dû être réanimé, ce qu’ils n’apprendront une semaine plus tard. Trois heures après sa naissance, l’enfant est transporté en réanimation néonatale à Limoges où ses parents le rejoignent le lendemain matin.

« Quand on l’a vu, notre vie s’est arrêtée. Il était complètement sédaté à cause de la douleur causée par l’hématome, intubé et plongé en hypothermie à 33 °C pendant 72 heures pour préserver son cerveau. »

Sur place, l’équipe médicale confirme aux parents « que ce qui c’était passé était très grave » et que leur enfant est entre la vie et la mort. Et que s’il survit, il pourrait conserver de graves séquelles. Lors d’une entrevue avec le père, au matin du transfert de sa femme, l’obstétricien qui a procédé à l’accouchement a remis en doute le diagnostic des pédiatres de Limoges. « Il était étonné du transfert, pour lui tout allait bien, notre bébé avait juste avalé du liquide amniotique ».

Aujourd’hui, le petit garçon va bien mais peut encore développer des séquelles. Jusqu’à ses six ans, il devra faire l’objet d’un suivi très rigoureux et devra subir de nombreux examens et ses parents, vivre encore dans l’angoisse.

Avec son compagnon, Marine a décidé de porter plainte contre l’obstétricien contractuel et la sage-femme qui l’ont prise en charge lors de son accouchement mais également contre le centre hospitalier de Guéret.

« On porte plainte contre le médecin pour l’acharnement qu’il a eu à faire naître mon fils par voie basse et pour ne pas avoir mis en œuvre les moyens nécessaires pour le sauver. Contre la sage-femme pour non-assistance à personne à danger parce qu’elle n’a pas réagi et contre l’hôpital pour les nombreux manquements qu’il y a eus lors de notre prise en charge »

D’autant qu’un autre couple creusois a vécu le même scénario de « violences obstétricales » à peine douze heures avant Marine et entre les mains du même médecin. Médecin contractuel qui a exercé pendant deux ans et demi au CH de Guéret, avant que le directeur, Frédéric Artigaut ne mette un terme à son contrat une semaine plus tard suite à ces deux témoignages.

« Son départ est consécutif de la tension que ça a créée au sein de l’équipe obstétricale », explique-t-il, soulignant également avoir saisi l’ARS pour faire deux déclarations « d’événements indésirables graves liés aux soins ». « C’est une démarche de transparence que l’on doit à nos usagers. L’ARS conduit une instruction professionnelle et technique pour pouvoir imputer ou non une responsabilité au médecin en question ou au centre hospitalier. Aujourd’hui, poursuit le directeur de l’hôpital, je ne peux pas rejeter sur ce médecin seul les difficultés qui ont été rencontrées. J’attends le résultat de l’enquête et si le centre hospitalier avait des responsabilités, j’ai dit aux parents qu’il ne se déroberait pas. »

Marine a rejoint un collectif de mères victimes de mauvaises pratiques obstétricales, l’ATIDE (Accouchement Traumatique, Invalidité et Décès de l’Enfant) qui cherche à sensibiliser les pouvoirs publics sur ces violences, « qui rentrent dans le cadre des violences faites aux femmes », insiste le papa. « On veut faire valoir les droits de notre enfant et faire ressortir combien, en France, ces violences obstétricales sur les mères et leurs enfants ne sont pas pris en considération. » 


(*) Une césarienne code rouge indique la menace immédiate du pronostic vital maternel et/ou fœtal, le délai entre la décision et la naissance doit alors être inférieure ou égale à 15 minutes.

REVUE DE PRESSE :

Via LA MONTAGNE : https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/actualites/on-nous-a-vole-la-naissance-de-notre-fils-un-couple-porte-plainte-contre-l-hopital-de-gueret-un-medecin-et-une-sage-femme_13800505/

LA MONTAGNE : https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/actualites/un-second-couple-de-creuse-porte-plainte-pour-violences-obstetricales-contre-l-hopital-de-gueret-et-le-medecin_13801670/

FRANCE 3 NOUVELLE-AQUITAINE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/creuse/gueret/deux-familles-portent-plainte-contre-hopital-gueret-medecin-qui-fait-naitre-leur-bebe-1846280.html

OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/gueret-23000/creuse-complications-et-sequelles-apres-l-accouchement-deux-familles-portent-plainte-contre-l-6884120

LA MONTAGNE : https://www.lamontagne.fr/limoges-87000/actualites/une-femme-decede-lors-d-un-accouchement-a-gueret-le-tribunal-administratif-de-limoges-blanchit-l-hopital_13686658/

La Disproportion Céphalo-Pelvienne (DCP)

La disproportion céphalo-pelvienne (DCP) est une complication de l’accouchement définie par un décalage de taille entre le bassin osseux de la maman et la tête de son bébé. Cela peut rendre l’accouchement par voie basse difficile, voir même impossible. 

La disproportion céphalo-pelvienne est responsable de complications graves sur la santé des femmes qui accouchent (rupture utérine, déchirures vaginales et anales) et sur la santé de leurs bébés entrain de naître (insuffisance d’approvisionnement en oxygène de son cerveau).

La tête du bébé est proportionnellement trop grande ou le bassin de la maman trop petit pour permettre à son bébé de passer à travers l’ouverture pelvienne

La survenue de complications pendant le travail comme une anomalie de la dilatation du col, un arrêt de la progression du bébé, la survenue d’anomalies du rythme cardiaque du bébé peuvent indiquer une situation de disproportion céphalo-pelvienne

Si le bébé maintient une position élevée, même après une quantité importante de contractions, cela pourrait indiquer que sa descente par le canal de naissance ne se fait pas. 

Elle peut être diagnostiquée durant le suivi de la grossesse par l’examen de la radiopelvimétrie.

en cours de rédaction

SOURCES

2011 Docteur O.TSVIELI et al : Risk factors and perinatal outcome of pregnancies complicated with cephalopelvic disproportion : a population-based study. Gynecology-Obstétric 285:931-936.

2010 Docteur D.MAHARAJ : Assessing cephalopelvic disproportion : back to the basics. Obstetric genecol Surv , 65 (6), 387-395.

ABC Law Centers : traumatic birth injuries.

Recommandations pour l’administration d’oxytocine au cours du travail spontané. Corinne Dupont (Lyon), Marion Carayol (Paris), Camille le Ray (Paris), Catherine Deneux-Tharaux (Paris), Didier Riethmuller (Besanc¸on)

WIKIPEDIA : https://fr.wikipedia.org/wiki/Disproportion_f%C5%93to-pelvienne

Césarienne trop tardive : 11 millions d’euros d’indemnisation pour un enfant lourdement handicapé.

L’obstétricien avait refusé de procéder à une césarienne alors que la tête du nourrisson était mal positionnée. Le cerveau de l’enfant a alors été privé d’oxygène. L’obstétricien a également été reconnu coupable de l’altération du dossier médical relatif à l’accouchement.

Les parents de l’enfant ont obtenu l’indemnisation record de 11 millions d’euros. Cette somme, provisionnée par un assureur, permettra la prise en charge de l’enfant jusqu’à la fin de ses jours.

Un accouchement traumatique

A l’issue d’une grossesse sans particularité, un soir de juillet, la maman est prête à accoucher, mais le bébé est mal positionné. Pourtant le médecin persiste à opter pour un accouchement par voie basse.

Ce dernier décide de rentrer chez lui, alors même que « tous les feux sont au rouge » d’après l’avocat de la famille, Maître BOURGUIN.

« Quand il est revenu, deux heures après, il s’est obstiné à refuser de faire une césarienne », dit le père de l’enfant. Le gynécologue utilise en dernier recours des spatules, avec lesquelles « il a tiré de toutes ses forces, provoquant un jet de liquide« .

Le bébé ne vient toujours pas, une césarienne est finalement décidée en urgence. Mais il est trop tard, et les tentatives d’extraction du médecin ont eu pour conséquences de priver d’oxygène le cerveau du bébé, entraînant des lésions cérébrales irréversibles.

« Il y a eu une suite de négligences coupables de la part du médecin », enchaîne Maître Bourgin. Par orgueil et par incompétence ».

A sa naissance le bébé ne crie pas et est hypotonique. Il est transféré immédiatement en réanimation. Il a passé les mois qui ont suivi dans le coma puis en rééducation, et ses parents ont du se confronter à un mur imposé par le corps médical.

« On nous a d’abord dit qu’il souffrait d’une maladie rare, puis qu’on racontait n’importe quoi, et qu’il n’y avait jamais eu de spatules. » reprend le père.

Quant au docteur SEKLAOUI, « ses premiers mots ont été de nous conseiller de prier et de faire rapidement un autre enfant. Nous ne lui pardonnerons jamais ».

Un dossier médical altéré

Une reconnaissance judiciaire que la famille aura mis 12 ans à faire établir. Car entre-temps le dossier médical de l’accouchement a été altéré par le docteur SEKLAOUI.

Le praticien avait falsifié le dossier médical de l’accouchement en y apposant des annotations non conformes aux données cliniques pour se dédouaner. Le médecin s’est ensuite pourvu en cassation mais a été débouté en 2012.

Une supercherie qui a été découverte lors du procès en première instance par la sage-femme présente lors de l’accouchement. C’est elle qui s’est rendue compte que le dossier médical discuté à l’audience ne correspondait pas à celui qu’elle avait elle-même envoyé par précaution à son assureur, le lendemain de la naissance du bébé.

« Il y a d’ailleurs eu des pressions sur cette sage-femme pour qu’elle modifie ses dires », a constaté Maître Bourgin.

L’affaire d’altération également portée devant le Conseil de l’Ordre des Médecins, le médecin n’a reçu qu’un simple blâme.

L’impartialité des experts en question

La famille réfléchit également à initier auprès de l’Ordre des Médecins une procédure contre un expert médical « qui a voulu disculper, au mépris des faits, l’obstétricien », précise Maître Bourgin.

Souvent les experts travaillent à la fois pour la justice et les assurances. Il y a comme dans l’affaire du Mediator un conflit d’intérêt.

Il poursuit : « On sous-estime la violence du corps médical qu’ont essuyé mes clients. Un expert judiciaire obstétricien est venu affirmer, contre les preuves médicales et IRM, à l’audience correctionnelle que l’enfant n’avait pas subi un manque d’oxygène durant l’accouchement, mais qu’il avait dû subir une chute au sol après l’accouchement. Le tout pour dédouaner son collègue à la barre. »

Et d’ajouter : « Les Giardina ont dû solliciter eux-mêmes des contre-expertises qui ont évidemment démontré que c’est bien un manque d’oxygène durant l’accouchement qui avait causé les lésions neurologiques de Philippe. »

Une indemnisation pour une vie digne

Une famille unie autour de Philippe

Les réparations accordées à Philippe ne vont pas être versées en une seule fois mais en rentes mensuelles qui serviront à rémunérer les éducateurs et les aides à domiciles qui se relaient à domicile 24h/24.

« On va élever Philippe. Surtout on pense à Philippe le jour où on fermera les yeux et où on ne sera plus de ce monde », a expliqué Sandrine. Le papa, artisan, s’est totalement arrêté de travailler pour s’occuper de lui.


REVUE DE PRESSE :

FRANCE TV INFO : https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/justice-proces/video-11-millions-d-indemnisation-pour-erreur-medicale_774649.html

FRANCE TV INFO : https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/justice-proces/video-une-rente-de-197-000-euros-pour-erreur-medicale_774609.html

LE FIGARO : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/12/16/01016-20141216ARTFIG00099-les-parents-d-un-enfant-handicape-obtiennent-11-millions-d-euros.php

LE PARISIEN : http://www.leparisien.fr/archives/douze-ans-de-procedure-pour-les-victimes-d-une-bavure-medicale-20-07-2012-2095970.php

EUROPE 1 : https://www.europe1.fr/societe/Les-parents-d-un-enfant-handicape-touchent-2-millions-d-euros-919042

ELLE : https://www.elle.fr/Societe/News/Enfant-infirme-un-gynecologue-condamne-apres-une-bavure-medicale-2121740

PARIS MATCH : https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Une-famille-indemnisee-apres-14-ans-de-lutte-671682

RTL : https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/faute-professionnelle-lors-d-un-accouchement-la-famille-de-philippe-giardina-indemnisee-de-11-millions-d-euros-7775902432

LE MONDE : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/12/16/un-obstetricien-condamne-a-payer-197-000-euros-par-an-a-un-patient-handicape_4541629_1650684.html

LE POINT : https://www.lepoint.fr/justice/un-medecin-condamne-a-verser-une-rente-annuelle-de-197-000-euros-a-un-adolescent-handicape-16-12-2014-1890225_2386.php

DOCTISSIMO : https://www.doctissimo.fr/sante/news/erreur-medicale-un-medecin-condamne-a-verser-11-millions-d-euros-d-indemnisations

SANTE MAGAZINE : https://www.santemagazine.fr/actualites/erreur-medicale-11-millions-deuros-dindemnites-pour-un-enfant-ne-handicape-193168

MAGIC MAMAN : https://www.magicmaman.com/,les-parents-d-un-enfant-handicape-indemnises-a-hauteur-de-11-millions-d-euros,2516859.asp

FRANCE 3 : https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/philippe-giardina-enfant-lumiere-est-mort-1385733.html

NICE-MATIN : https://www.nicematin.com/vie-locale/la-vie-de-poupee-de-chiffon-de-philippe-lourdement-handicape-apres-lerreur-dun-obstetricien-a-sa-naissance-192748


Nous avons appris que Philippe est décédé à l’âge de 17 ans.

Nous adressons nos condoléances à sa famille et nous associons à sa peine.