« Quand vous ressortez avec un petit cercueil de l’hôpital, c’est horrible. »

Un couple de toulonnais s’interroge devant des conditions d’accueil compliquées à la maternité publique de Toulon. Suite à un accouchement long et compliqué, leur bébé est décédé quelques heures après sa naissance.

De leur bébé, il ne reste que deux petites empreintes sur une feuille de papier. Deux petites traces: une main, un pied. Et les photos d’un corps fragile, « avec des tuyaux partout« .

Le 15 décembre dernier, Djamila et Grégory, un couple toulonnais, a vécu la pire histoire d’une vie : la perte d’un enfant.

Alors que celui-ci venait à peine de naître, le nourrisson n’a jamais réussi à respirer seul. Malgré trois heures de réanimation intensive, le petit garçon de 4 kg est décédé.

Aujourd’hui, si les parents s’expriment, ce n’est pas pour accuser. Mais pour témoigner.

« Quand vous ressortez avec un petit cercueil de l’hôpital, c’est horrible. »

Reçue à plusieurs reprises, la famille a pris connaissance du dossier médical. « On nous a tout détaillé, heure par heure. Le monitoring du bébé était normal jusqu’à la fin. Pourtant, mon bébé a énormément inhalé de liquide.« 

Depuis des semaines, Djamila cherche à comprendre. Parce que cette mère « en a besoin pour avancer« . Elle qui vit comme « amputée«  de l’intérieur.

Il reste trop d’inconnues pour comprendre ce qu’il s’est vraiment passé… Même si l’hôpital estime que « la prise en charge obstétricale n’est pas remise en cause dans ce dossier« .

Six heures assise

Mais les parents ressentent aussi de l’amertume, à cause de la façon dont l’accouchement s’est déroulé. « Depuis le début et jusqu’à la fin, je n’ai fait qu’attendre. Attendre. Cela n’a été que des concours de circonstances. Et moi, j’ai attendu« , se désole Djamila.

La naissance était pour ainsi dire sur rendez-vous, déclenchée quatre jours après le terme théorique de la grossesse. Le bébé était haut dans le ventre et ne descendait pas.

Entre son entrée à l’hôpital Sainte-Musse de Toulon, un lundi matin avant 9 h, et sa césarienne, le lendemain à 11h14, il s’est écoulé 26 heures. Et à trois reprises la maman a dû attendre. Parfois douloureusement.

Le plus long moment fut dans le couloir de la maternité: six longues heures « sur une simple chaise«  avant d’être prise en charge.

« Il y avait beaucoup de passage. Des urgences, mais aussi des femmes qui passaient devant nous, on ne comprenait pas pourquoi. »

Enchainement des dysfonctionnements

À 15 h l’après-midi, Djamila accède enfin à une chambre où commencent les premiers gestes médicaux pour favoriser les contractions. Celles-ci se déclenchent en milieu de nuit et conduisent la maman en salle de travail.

Mais au moment de passer en salle d’accouchement, de nouveau on leur dit qu’il faut attendre : il n’y a pas de salle disponible. 

« Là, c’était fort !« , s’exclame le père. Stupeur. Les minutes sont longues. Deux heures d’attente avant d’avoir une péridurale en salle d’accouchement.

Aujourd’hui le couple refait mentalement toutes les étapes. Grégory a eu l’impression que « dans le service, ils arrivaient à saturation« . Eux n’ont pas voulu s’imposer: « On n’ose pas, on a de la retenue« .

Ultime moment d’attente enfin, le délai de 28 minutes entre la décision de pratiquer la césarienne et la naissance.

L’hôpital explique « être dans les normes«  d’une intervention normale.

Réaction des parents: « Tous ces moments d’attente, ce sont quand même des dysfonctionnements, non ? » 

REVUE DE PRESSE :

VAR MATIN : https://www.varmatin.com/temoignage/ce-couple-veut-des-reponses-apres-le-deces-de-son-nourrisson-a-la-maternite-31228?t=NDEyYTFmYmQzNjI4MDJiNzU3MzMzOWVmYzMxMjRkNDhfMTYwMDQxNTA0Nl8zMTIyOA%3D%3D&tp=sw

La Cour de Cassation valide le devoir d’information aux patientes du gynécologue-obstétricien concernant l’accouchement.

La Cour de Cassation a décidé dans son arrêt du 23 janvier 2019 qu’un événement naturel ne dispense pas le professionnel de santé de son devoir d’information, qui doit alors réparer le préjudice d’impréparation en tant que préjudice autonome.

Le 1er novembre 2011, une femme a donné naissance, par voie basse, à un enfant au sein d’une clinique privée, son accouchement ayant été déclenché et réalisé par un médecin gynécologue obstétricien exerçant son activité à titre libéral.

À la suite de l’accouchement, l’enfant a conservé des séquelles liées à une atteinte du plexus brachial.

Les parents de l’enfant, agissant tant en leur nom personnel qu’en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs, ont alors assigné en responsabilité et indemnisation le gynécologue obstétricien, faisant état de différentes fautes commises lors de l’accouchement ainsi qu’un défaut d’information.

Par arrêt en date du 13 novembre 2017, la Cour d’Appel de TOULOUSE a condamné le gynécologue obstétricien à réparer l’ensemble des préjudices subis par l’enfant et ses proches en raison de l’absence de réalisation fautive d’une césarienne malgré une macrosomie fœtale.

En revanche, elle a débouté la mère de sa demande au titre du manquement à l’obligation d’information, commis par le médecin gynécologue obstétricien.

Selon la Cour d’Appel de TOULOUSE, l’information, due par le médecin à sa patiente, se limitait aux seules modalités de déclenchement de l’accouchement ; l’accouchement par les voies naturelles n’étant pas un acte de soin, aucune information n’était due à la patiente.

Par ailleurs, toujours selon la Cour d’Appel de TOULOUSE, ce défaut d’information ne pouvait, en tout état de cause, être à l’origine d’un préjudice moral autonome d’impréparation aux complications de l’accouchement.   

La mère s’est alors pourvue en cassation à l’encontre de cette décision.

Or, par arrêt en date du 23 janvier 2019 (Cour de cassation, Civile 1ère, 23 janvier 2019, Pourvoi n°18-10706), la Cour de cassation a fait droit à l’argumentation développée par la mère et cassé l’arrêt rendu par la Cour d’Appel de TOULOUSE.

Pour ce faire, la Cour de cassation commence par rappeler qu’en application des dispositions de l’article L.1111-2 du Code de la Santé Publique :

« toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé et l’information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposées, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu’ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus ; que seules l’urgence ou l’impossibilité d’informer peuvent dispenser le professionnel de santé de son obligation d’information ».

 Elle ajoute que :

« la circonstance que l’accouchement par voie basse constitue un évènement naturel et non un acte médical ne dispense pas le professionnel de santé de l’obligation de porter, le cas échéant, à la connaissance de la femme enceinte les risques qu’il est susceptible de présenter eu égard notamment à son état de santé, à celui du fœtus ou à ses antécédents médicaux, et les moyens de les prévenir ; qu’en particulier, en présence d’une pathologie de la mère ou de l’enfant à naître ou d’antécédents médicaux entraînant un risque connu en cas d’accouchement par voie basse, l’intéressée doit être informée de ce risque ainsi que de la possibilité de procéder à une césarienne et des risques inhérents à une telle intervention ».

Ainsi, selon la Cour de cassation, le fait que l’accouchement par voie basse soit un évènement naturel est parfaitement indifférent ; le médecin est bien tenu à une obligation d’information envers sa patiente.

Dans la mesure où le fœtus de la patiente était macrosome, le gynécologue obstétricien aurait dû alerter sa patiente sur les risques liés à un accouchement par voie basse ainsi que sur la possibilité de procéder à une césarienne et les risques inhérents à une telle intervention.

Ne l’ayant pas fait, le gynécologue obstétricien a commis un manquement à son obligation d’information.

Or, comme le précise la Cour de cassation au visa des articles 16 et 16-3 du Code civil et L.1111-2 du Code de la Santé Publique :

« le non-respect, par un professionnel de santé, de son devoir d’information sur les risques fréquents ou graves normalement prévisibles que comportait un accouchement par voie basse ou un acte individuel de prévention, de diagnostic ou de soins, auquel il a eu recours fautivement ou non, cause à celui auquel l’information était due, lorsque l’un de ces risques s’est réalisé, un préjudice moral distinct des atteintes corporelles subis, résultant d’un défaut de préparation à l’éventualité que ce risque survienne ; qu’il incombe aux juges du fond d’en apprécier l’étendue au regard des circonstances et des éléments de preuve soumis ».

Dans la mesure où il n’a pas informé sa patiente sur les risques liés à un accouchement par voie basse alors que l’enfant était macrosome, le gynécologue obstétricien a placé la mère dans l’impossibilité de se préparer à la survenue du risque.

Cette impréparation ouvre donc droit à indemnisation au profit de la mère, ce préjudice moral étant bien évidemment distinct des atteintes corporelles subies par l’enfant.

Ce préjudice d’impréparation sera donc réparé de façon autonome et il appartiendra aux juges du fond d’en apprécier l’étendue et le montant au regard des circonstances et des pièces justificatives communiquées par la mère. 

Cet article a été rédigé par Me Geoffrey Tondu, avocat à Bourges : http://www.tondu-avocat.fr/blog-dynamic/192-responsabilite-des-proprietaires-de-chiens-a-l-origine-de-la-chute-d-une-cavaliere-3

AUTRE SOURCE :

Un évènement naturel ne dispense pas le professionnel de santé de son devoir d’information, qui doit alors réparer le préjudice d’impréparation en tant que préjudice autonome (C.Cass., Civ.2ème, 23 janvier 2019, pourvoi n° 18-10706).

Suspicion de macrosomie fœtale & accouchement déclenché : une maman victime d’une rupture utérine. Son bébé asphyxié et handicapé a plus de 90%.

La vie de Mounir et Camille s’est arrêtée le 4 décembre 2018 à la maternité de Lorient. La naissance de leur petite Fatiha a tourné au cauchemar après un accouchement difficile achevé par une rupture utérine. Le bébé a été asphyxié et est handicapé à plus de 90%.

Voilà dix mois que Fatiha est née, le 4 décembre 2018 à la maternité de Lorient (Morbihan). Il était 1 h 47 du matin. Sa vie et celle de ses parents, Mounir et Camille, ont basculé. Depuis, le quotidien de ces Parisiens se résume à quatre murs dans une chambre de l’hôpital de Vannes (Morbihan). Premiers regards, premiers sourires. Il n’y en aura pas. L’accouchement a tourné au drame. La rupture utérine a nécessité une césarienne d’urgence. Un code rouge, dans le jargon médical, pour Fatiha devenue polyhandicapée à plus de 90 %. « Notre bébé s’est asphyxié », glisse Mounir.

Penchée sur son lit, Camille parle à sa fille en lui caressant les cheveux. Elle lui murmure des mots doux. Fatiha ne peut pas les entendre. Ni croiser son regard. Elle est sourde, aveugle et n’a pas de motricité. Elle ne peut ni manger, ni respirer sans appareils. Ses parents viennent la voir tous les jours. « Dès que je me lève et quand je me couche, j’appelle le service pédiatrique, glisse Camille. Ça compense le fait que je ne peux pas m’occuper d’elle. »

Elle ne quitte pas sa fille des yeux. Pas question de laisser cette tache sur sa robe jaune. Camille choisit avec soin une nouvelle tenue. « Il y a deux semaines, elle a gémi. Ça lui est arrivé deux, trois fois. C’est presque un miracle. »

Tout l’opposé de ce que ce couple imaginait. Tous deux parents de deux enfants, ce bébé était le fruit de trois ans d’amour. « Fatiha était attendue avec impatience. » Venus de Paris, cette employée dans l’immobilier et cet entrepreneur n’avaient pas prévu de s’installer dans le pays de Vannes. « Nous étions venus pour rénover et vendre un appartement à Lorient. Nous y avions organisé le suivi de grossesse. » Le retour à Paris devait se faire peu après l’accouchement.

De cette nuit-là, le couple se souvient de tout. « Trois semaines avant le terme, le médecin m’a parlé de déclenchement. Il y avait suspicion de macrosomie fœtale ». Péridurales, contractions intenses, poche des eaux rompue, douleurs… Tout s’enchaîne : « Je pleurais, je n’étais pas bien. Je commençais à vomir… » Son utérus se déchire. Le code rouge est déclenché pour extraire le bébé.

Mounir raconte la suite. « Le pédiatre m’a dit que le bébé risquait d’avoir des séquelles neurologiques. J’étais sous le choc. Je n’ai pas tout compris ». Fatiha est transférée au service néonatologie de Brest, placée en hypothermie et coma artificiel. Le lendemain, ses parents la rejoignent. Chacun encaisse à sa façon. 

« À ce moment, tout s’écroule », pour Mounir. « Je n’arrivais pas à pleurer. J’étais dans un autre monde, ajoute Camille. Tout ce que vous avez prévu. Le peau-à-peau, l’allaitement… On vous enlève tout. Je ne pouvais même pas prendre mon bébé dans les bras. » Ils évoquent aussi l’espoir qui les tient debout : « Les médecins sont flous. On sait qu’ils nous préparent au pire. »

L’association La brise, qui œuvre en faveur des soins palliatifs pédiatriques, les accompagne. « Nous sommes en contact régulier ». Le couple a aussi rempli une fiche d’urgence indiquant les gestes médicaux à réaliser en cas de complications. « Son cas est si lourd qu’il peut y en avoir à tout moment. Elle est tous les jours exposée à la mort. Jusqu’où peut-on aller pour la soulager ? C’est une question grave, ajoute Mounir. Nous avons fixé des limites. On la laissera partir en cas de complication. On ne veut pas d’acharnement. On refuse tout ce qui peut lui faire du mal. »

Voilà plus de 9 mois que Fatiha est là. Son nounours l’attend toujours dans sa chambre, à la maison qu’ils ont fini par aménager, dans le pays de Vannes. « Ce n’est pas une vie pour elle », confie son père.

D’ici quelques jours, les médecins, l’association La Brise et le couple se réuniront. « Nous voulons faire le point sur l’évolution de sa santé. Elle survit. Mais a-t-on le droit de la maintenir comme ça ? », s’interroge son père.

Sa femme « n’est pas encore prête », selon lui. Camille ne dément pas et parle de petites victoires. « Elle est sensible au toucher. Je suis sûre qu’elle ressent notre présence. » Le mot n’est jamais prononcé. « Aucun parent n’est prêt pour ça. » Eux ont abandonné tout projet. «  Notre quotidien, c’est l’hôpital et notre impuissance. »

Ce qui dit la loi

Les directives anticipées

La loi relative aux droits des malades et à la fin de vie est plus connue sous le nom de loi Leonetti. Promulguée le 22 avril 2005, elle permet d’arrêter ou de limiter les traitements, comprenant l’alimentation et l’hydratation, des malades en fin de vie selon leur volonté. Ceux-ci peuvent s’accompagner de soins palliatifs pour éviter aux personnes de souffrir. Le patient qui est dans l’incapacité d’exprimer sa volonté aura pu le faire en remplissant ses directives anticipées ou par le biais d’une personne de confiance. « Les directives anticipées sont comme un testament qu’il faut remplir de manière lucide », détaille Renée Jeanjean, déléguée du Morbihan de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.

La loi Leonetti-Claeys

Promulguée en 2016, celle-ci vient renforcer les droits des malades, notamment en permettant une sédation profonde et continue. Il s’agit concrètement d’endormir la personne jusqu’à sa mort pour lui éviter toute souffrance. Il ne s’agit ni d’un suicide assisté, ni d’une euthanasie. Et si le médecin juge la demande inappropriée ou non-conforme à la situation médicale de son patient ? « Un collège de médecins doit se réunir pour décider si ou non, l’état de santé du patient permet de mettre en œuvre la loi Leonetti », ajoute Renée Jeanjean. L’arrêt des traitements et la prise de sédatifs sont effectués par le corps médical.

Qu’en est-il des mineurs ?

« C’est une décision collégiale des médecins avec les parents, ajoute la déléguée départementale. Ce n’est jamais imposé. »

REVUE DE PRESSE :

via OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/bretagne/morbihan/morbihan-notre-bebe-s-est-asphyxie-la-naissance-de-fatiha-tourne-au-drame-6560775?5f5e3f4bdcd98

Décès d’un nouveau-né dans les Yvelines : les parents attaquent l’hôpital Parly 2 en justice.

Une famille endeuillée par le décès de son bébé en décembre 2019 lors d’un accouchement traumatique a décidé de porter l’affaire en justice. L’obstétricien a admis qu’il aurait dû pratiquer une césarienne.

Ils sont encore sous le choc. Piotr et Ika Zywiecki ont perdu leur petite Diana, le 3 décembre 2019, lors de l’accouchement à l’hôpital privé Parly 2 du Chesnay. Ce jour-là, à 22 h 39, le décès de l’enfant est constaté. Le rapport du pédiatre parle d’une « dystocie des épaules », laquelle a entraîné « l’écrasement du cordon ». « L’enfant n’a pu être ranimé », stipule ensuite le rapport cosigné par le Samu.

Quarante jours après ce drame, le couple Zywiecki ne comprend toujours pas ce qui est arrivé, et s’apprête à intenter une action en justice. D’autant que l’autopsie qu’ils ont fait pratiquer sur le corps de l’enfant, révèle que celui-ci était parfaitement viable.

En 2018, l’hôpital privé Parly 2 avait modernisé sa maternité en investissant 1 million d'euros pour aménager son plateau technique. Générale de Santé
En 2018, l’hôpital privé Parly 2 avait modernisé sa maternité en investissant 1 million d’euros pour aménager son plateau technique. Générale de Santé.  

Tout commence au cœur de l’été. Le gynécologue obstétricien exerce depuis une dizaine d’années à Parly 2, pratique un examen fin juillet. Il relève une « macrosomie », c’est-à-dire un fœtus ayant une évolution plus grosse que la normale.

Le 2 août, lors d’une échographie, un « diabète gestationnel » est découvert. Cette maladie, qui peut apparaître lors de la grossesse, disparaît après celle-ci. Provoquée par une résistance temporaire du corps de la mère à l’insuline, elle peut faire exagérément grossir l’enfant et signifie quasiment à coup sûr un accouchement par césarienne.

En septembre, Ika rencontre une diabétologue qui préconise un suivi alimentaire strict. La maladie est stabilisée tant bien que mal. « A ce moment-là, on nous dit que tout est normal. Que comme je suis un homme plutôt corpulent et fort, le bébé serait pareil », raconte Piotr dont le passé de joueur de rugby parle pour lui.

« Ils tapent avec leurs poings sur le ventre de ma femme, qui aura des hématomes »

En septembre, nouvelle échographie et revirement. « Comme par magie, le bébé redevient normal. On ne parle plus de macrosomie », reprend-il. Le 7 novembre lors d’une échographie réalisée quatre semaines avant l’accouchement, le gynécologue estime que le bébé pèsera « 3,293 kg » à plus ou moins 500 g. Une « plaisanterie » pour Piotr.

Vient enfin l’accouchement, le 3 décembre. Ce jour-là, leur gynécologue attitré passe voir le couple. « Je viendrais vous voir demain pour vous féliciter », dit-il avant de s’éclipser vers 19 heures. Son homologue, qui récupère le dossier vers 20 heures mais ne connaît pas les antécédents de la parturiente, évoque tout de suite « une grosse tête » pour le nourrisson.

Ika étant en dilatation totale, il prend une ventouse pour tenter de le sortir. Pendant 25 minutes, la tête est sortie mais les épaules bloquent. « Je vois la scène et le docteur se met à paniquer. Il me dit que l’enfant va avoir des problèmes. Je sens l’urgence totale. Ils tapent avec leurs poings sur le ventre de ma femme qui aura des hématomes pendant quatre semaines. Ils finissent par joindre une de leurs collègues qui avec ses doigts plus fins arrive enfin à sortir le bébé », raconte Piotr.

L’accouchement est officiel à 21 h 10. L’hôpital appelle le Samu. « Ils l’ont fait au bout de 3 minutes et le rapport indique qu’il est arrivé entre 52 et 57 minutes plus tard. Dans les 10 minutes suivant son arrivée, le Samu constate le décès », dit-il.

Colère et amertume

Le lendemain, une sage-femme et un docteur recommandent au couple de procéder à une autopsie. La cadre de santé est moins affirmative. « Ce n’est pas remboursé », leur lance-t-elle. Une photo du bébé post-mortem leur est tendue avant qu’on leur demande de partir. « Cela nous a beaucoup choqués. Seul le directeur a pris la peine de venir nous voir et a compati à notre malheur », lâchent Ika et Piotr.

Le couple, qui avait fait le choix du privé, le regrette avec énormément d’amertume et a bien du mal à retenir sa colère. « Nous sommes persuadés qu’on a accouché trop tard, qu’il aurait dû y avoir une césarienne. Les erreurs médicales se sont succédé. La petite n’avait aucune chance et la maman aurait pu y rester aussi. Pourquoi le Samu est-il arrivé si tard ? » s’interrogent-ils.

Le gynécologue se dit «effondré»

Contacté par nos soins, le docteur se déclare « effondré ». « Dans ma vie de médecin, confie-t-il, c’est un gros échec. On fait tout pour que les parents repartent avec un enfant en bonne santé. Rétrospectivement, je pense qu’il aurait fallu pratiquer une césarienne et je l’aurais fait si j’avais su que l’enfant ferait 5 kg mais rien ne me permettait de le penser avant lorsque j’ai fait faire une échographie début novembre. » Le gynécologue n’a cessé de tendre la main au couple Zywiecki. « Dès le lendemain du drame, je leur ai dit que ma porte leur était ouverte et que, même si rien ne pouvait changer cette situation, je pouvais répondre aux questions qu’ils me poseraient », raconte le praticien, qui pense que ce sont les experts des commissions d’indemnisation et de conciliation qui détermineront les responsabilités médicales.

Du côté de l’hôpital privé Parly 2, le directeur, Denis Chandesris renouvelle ses condoléances à la famille. « Nous avons fait le maximum dans le suivi post événement et j’ai fait en sorte qu’ils disposent d’un dossier très complet. Il y a pu y avoir des maladresses de certains après coup mais lors de l’accouchement, une équipe de soins complète était réunie à leurs côtés. Les questions d’ordre médicales seront traitées dans le cadre des commissions ad hoc si la famille les saisit », explique-t-il.

REVUE DE PRESSE :

Via LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/yvelines-78/mort-d-un-nouveau-ne-dans-les-yvelines-la-petite-n-avait-aucune-chance-accuse-le-pere-13-01-2020-8234883.php

Acharnement obstétrical au forceps alors qu’une césarienne était programmée : une jeune mère en réanimation.

L’obstétricien qui suivait la jeune maman lui avait programmé une césarienne car son bébé était trop gros pour un accouchement par voie basse. Mais 2 semaines avant la date prévue, elle a ressenti des contractions et l’obstétricien de garde n’a rien voulu entendre et lui a imposé un accouchement par voie basse, avec forceps à deux reprises avant de finalement procéder à une césarienne d’urgence. La jeune femme est alors victime d’une grave hémorragie et a été transférée en réanimation où elle a dû être transfusée de 4 poches de sang et plasma.

« J’ai expliqué mon cas à l’obstétricien de garde ce jour là mais il n’a rien voulu entendre. Il voulait absolument me faire accoucher par voie naturelle« , se remémore Julie. 

Après 12 heures sous péridurale et toujours pas de bébé, le gynécologue obstétricien décide d’utiliser les forceps.

 » Il s’est acharné pendant 30 minutes j’étais à bout de force« , raconte la jeune femme émue. 

Finalement, elle est envoyée au bloc pour y réaliser une césarienne en urgence. Mais arrivée en salle d’opération, la future maman fait un choc hémorragique et perd plusieurs litres de sang.

Elle est transfusée de 4 poches de sang et plasma et passe sa première nuit de jeune mère en réanimation.

« Il y a eu un véritable moment de panique. Mon pronostic vital était engagé, le réanimateur l’a dit à ses équipes« .  

Très vite, alors qu’elle séjourne encore à la clinique, elle souhaite obtenir des explications.

« L’obstétricien qui m’a accouché m’a expliqué qu’avec le champs opératoire installé pour réaliser la césarienne, il n’a pu vu que je faisais une hémorragie par le bas« , se rappelle Julie furieuse. 

Un dossier médical signé par des médecins qui ne l’auraient pas auscultée

A sa sortie de la clinique, la jeune maman va relancer l’établissement pour tenter d’obtenir plus de justifications. Pour seule réponse, elle reçoit son dossier médical qui ne l’éclaire pas d’avantage.

«  Le pire c’est que ce dossier a été signé par des médecins qui ne m’ont jamais auscultée« . 

Au moins deux autres drames survenus dans cette même clinique

Infirmière à Montauban, elle connaît beaucoup de professionnels de santé dans cette ville et s’est renseignée sur un autre accouchement traumatique survenu plus récemment dans cette même clinique, mais ayant cette fois-ci abouti au décès de la maman

« Le gynécologue obstétricien qui l’a accouchée est le même que celui qui m’a pris en charge pour la naissance de ma fille. Il faut arrêter le massacre », se désole t-elle. 

D’après la jeune femme, le médecin en question serait un des actionnaires de la clinique est donc « intouchable« .

En 2017, l’établissement du groupe Elsan avait déjà fait face à une enquête judiciaire suite à la mort d’un bébé au sein de la clinique.

REVUE DE PRESSE :

FRANCE 3 OCCITANIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/temoignage-moi-j-ai-failli-mourir-accouchant-clinique-montauban-1643788.html

FRANCE 3 OCCITANIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/enquete-preliminaire-ouverte-apres-deces-jeune-femme-venant-accoucher-montauban-1643030.html

FRANCE 3 OCCITANIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/montauban-enquete-apres-mort-bebe-decede-clinique-progresse-1219665.html