Accouchements traumatiques : accumulation de plaintes de victimes, dont trois décès, contre un même obstétricien.

L’un des bébés est décédé d’une anoxie cérébrale due à une souffrance fœtale consécutive à une procidence du cordon qui a donné lieu à une césarienne tardive, indique le rapport d’expertise. Les débats ont été tendus avec d’un côté les parents dénonçant l’acharnement du médecin à pratiquer l’accouchement par voie basse et de l’autre un gynécologue assurant avoir tout tenté.

Le docteur Frédéric Velu, gynécologue-obstétricien, a été condamné par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer à dix-huit mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction d’exercice pour avoir « par négligence ou manquement à une obligation de sécurité, causé involontairement le décès de Quentin« . Contestant toute faute médicale, le docteur Velu avait interjeté appel.

L’audience de la cour d’appel de Douai a fait apparaître des avis discordants sur l’expertise médicale qui avait conduit, en première instance, à la condamnation du médecin.

Madame Comyn etait enceinte de son quatrième enfant lorsque, prise de contractions, elle se rend à 4 h 30 à la clinique de la Tamise, à Calais. La sage-femme l’installe en salle d’accouchement, constate que le travail se déroule normalement et appelle le médecin d’astreinte, le docteur Velu, vers 5 h 15. Celui-ci arrive à 5 h 30.

Trois minutes plus tard, une bradycardie fœtale importante (ralentissement du rythme cardiaque) est détectée. A 5 h 38, le gynécologue découvre une procidence du cordon ombilical : le cordon est comprimé, ce qui entraîne une chute de la pression artérielle avec le risque de lésions cérébrales irréversibles, puis de décès du bébé. Chaque minute compte. Ce sont ces minutes écoulées jusqu’à la naissance de l’enfant par césarienne, à 6 h 25, dans un état de mort apparente, qui ont occupé la cour d’appel.

Querelles d’experts

Le bébé décédera des suites « d’une anoxie cérébrale due à une souffrance fœtale consécutive à une procidence du cordon qui a donné lieu à une césarienne tardive« , indique le rapport d’expertise.

Les débats ont été tendus avec, d’un côté, un couple dénonçant « le temps perdu et l’acharnement d’un médecin à vouloir pratiquer l’accouchement par voie basse« , et, de l’autre, un gynécologue assurant avoir « tout tenté« .

De niveau 1, la maternité de la Tamise ne disposait pas d’une équipe chirurgicale de nuit. Il fallait donc appeler, chez eux, anesthésiste, aide opératoire et infirmière-panseuse d’astreinte. « Le drame de cette affaire est qu’on a eu du mal à joindre la panseuse. Je me suis rendu compte qu’on aurait des difficultés à réaliser rapidement la césarienne, alors j’ai tenté de poser un forceps« , a expliqué le docteur Velu.

« Je l’ai supplié de me faire une césarienne, mais il ne m’écoutait pas« , se souvient Mme Comyn. L’un des experts, le docteur Jean-Claude Loisel, a fait valoir que la césarienne est « la règle en cas de procidence du cordon«  et que la tentative de procéder par voie basse était « une erreur«  qui a contribué à retarder la césarienne. 

« En cas de procidence du cordon, tenter la voie basse est tout à fait justifié en attendant la césarienne, cela peut réussir dans 25 % des cas« , a estimé, pour sa part, le professeur Francis Puech, gynécologie-obstétricien et président de la commission nationale de la naissance créée en 2004 par le Ministère de la Santé.

Regrettant qu’une « contre-expertise n’ait pas été demandée en son temps », l’avocate générale, Catherine Champrenault, a refusé d’entrer dans cette « querelle d’experts«  et a requis la confirmation de la peine prononcée en première instance. « Il y avait une solution pour sauver ce bébé, elle n’a pas été mise en oeuvre suffisamment tôt« , a-t-elle insisté, ajoutant : « J’éprouve pour (les parents) une infinie compassion et je partage avec eux leur sentiment que la mort de Quentin aurait pu être évitée.« 

Maître Frank Berton, avocat du docteur Velu, a dénoncé « la dérive incroyable de la mise en responsabilité des médecins : on ne fonctionne plus que sur l’émotion et l’affectif, et plus sur la science et le droit« . Réclamant la relaxe de son client, il a estimé qu’il n’était « pas possible de faire peser sur le docteur Velu la responsabilité pénale du délai nécessaire (…) à la réalisation de la césarienne. Sinon, c’en est fini de la profession de gynécologue-obstétricien« . Arrêt le 26 juin.

D’autres familles ont contacté la famille Comyn pour dénoncer les agissements du Docteur Velu

Ces affaires sont distinctes, mais d’autres familles reprochent au docteur Velu son attitude pendant leurs accouchements. Il lui est également reproché des épisiotomies mal faites ou des sutures réalisées en costume de ville.

Dans la plainte au civil de la famille Noël : leur fils Louis est né sans jambes, sans que le médecin ne l’ait remarqué sur aucune des huit échographies. La responsabilité du médecin pourrait être aussi revue dans le décès de Valérie Debruyne et de sa fille Océane lors de l’accouchement, survenus cinq mois avant le décès de l’enfant de la famille Comyn.

Les experts n’ayant pas réussi à déterminer la cause exacte de la mort, le médecin et la clinique ont été relaxés, mais devront comparaître en appel. La cour déterminera s’il y a eu faute lors de l’accouchement qui s’est soldé par les deux décès. Ainsi alors que la patiente était inquiète d’avoir dépassé le terme le docteur Velu lui aurait refusé une césarienne et serait parti en congé sans laisser de consignes.

Puis l’accouchement a été compliqué. L’équipe a perdu un temps précieux lors du transfert au bloc : la table d’accouchement ne passait pas la porte. Madame Debruyne est décédée dans la journée à l’hôpital où elle a été transférée pour hémorragie, sa fille Océane est décédée deux jours plus tard par manque d’oxygénation du cerveau. Son mari Stéphane est décidé à se battre jusqu’au bout : « La clinique n’est pas capable de gérer l’urgence. Ce qui est arrivé n’a même pas servi de leçon, c’est honteux, ils n’ont pas su se remettre en cause. Mon épouse aurait pu être sauvée. Il n’y avait pas de poches de sang pour les hémorragies. »

Une dizaine de témoignages en tout ont été envoyés à la famille Comyn et ont ainsi pu être versés au dossier.

« Nous n’avons jamais reçu de plaintes » , affirme le PDG de la clinique, Patrick Loez, qui a tout de même renvoyé le docteur Frédéric Velu.

« On ne s’est pas penchés sur ces lettres, on a centré l’enquête sur les diagnostics, indique- t- on au SRPJ de Lille. Même si on a vu qu’il y avait un problème avec ce médecin. »

Le Conseil de l’Ordre du Pas-de-Calais autorise le medecin a continuer d’exercer

Alerté deux fois, par la clinique et par la plainte de la famille Comyn, le Conseil de l’Ordre des Médecins n’a pas pris de sanction. « Il est classique d’attendre la décision pénale, affirme Marc Biencourt, président du Conseil de l’Ordre du Pas-de-Calais. Car il y a présomption d’innocence, et les experts de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation ne le mettent pas en cause. » Ainsi le docteur Frédéric Velu a pu continuer d’exercer dans un cabinet de gynécologie à Liévin, et tenir aussi des consultations au CH de Lens.

DEPUIS HIER, on ne pratique plus aucun accouchement à la clinique de la Tamise, à Calais (Pas-de-Calais). Après une série de décès suspects et des dysfonctionnements signalés depuis plusieurs mois, l’agence régionale de l’hospitalisation (ARH) a décidé de suspendre pour un mois les activités chirurgicales et obstétricales. Depuis août dernier, trois nouveau-nés et deux jeunes femmes sont décédés dans ces services. « En attendant de savoir si un lien existe entre les problèmes de sécurité et les décès, nous fermons, explique Gérard Dumont, directeur de l’ARH. L’établissement devra se mettre aux normes. Nous avons constaté des problèmes de matériel et de locaux, notamment ceux du bloc opératoire. »

« La clinique n’est pas capable de gérer l’urgence »

La justice enquête également sur cette affaire. Le parquet de Boulogne-sur-Mer a ouvert hier une information judiciaire contre X pour homicide involontaire. Vendredi dernier, la maman d’un nouveau-né, décédé la veille à la clinique, est morte à la suite de complications. Une plainte a été déposée, la troisième en six mois. « C’est un enchaînement d’accidents malheureux, justifie Gérard Dayez, directeur de cet établissement qui compte moins d’une centaine de lits. Ces événements, indépendants les uns des autres, relèvent de pathologies graves. Jusqu’à preuve du contraire, ils ne mettent pas en cause les maladies prodigués. » Cette clinique vieillissante, fondée en 1963, aurait toujours, selon ses responsables, bénéficié d’une bonne réputation. En décembre dernier, un gynécologue obstétricien avait pourtant été suspendu temporairement après le décès d’un bébé.

Stéphane Debruyne, 41 ans, qui a perdu sa femme et sa fille l’été dernier, est décidé à se battre jusqu’au bout : « La clinique n’est pas capable de gérer l’urgence. Ce qui est arrivé n’a même pas servi de leçon, c’est honteux, ils n’ont pas su se remettre en cause. Mon épouse aurait pu être sauvée. Il n’y avait pas de poches de sang pour les hémorragies. » Pour l’agence régionale de l’hospitalisation, basée à Lille, cette décision de fermeture est une première. « Le taux de mortalité périnatale dans la région est dans la moyenne nationale, c’est-à-dire assez faible, ajoute Gérard Dumont. Cette série d’accidents nous paraît anormale. » La clinique de la Tamise avait déjà été épinglée lors d’une inspection sanitaire de routine courant 2000. Les interrogations subsistent. Pendant le déroulement de l’enquête, les patients des services suspendus sont transférés dans d’autres hôpitaux de la région.

REVUE DE PRESSE :

via LE MONDE : https://www.lemonde.fr/societe/article/2006/05/04/querelle-d-experts-autour-de-la-mort-d-un-nouveau-ne_768186_3224.html

LIBERATION : https://www.liberation.fr/societe/2001/01/15/cinq-morts-suspectes-dans-une-maternite-de-calais_351021

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/faits-divers/cinq-morts-suspectes-en-six-mois-a-la-maternite-calais-de-notre-correspondant-14-01-2001-2001890560.php

LA VOIX DU NORD : https://www.lavoixdunord.fr/art/region/calais-fermee-depuis-2004-la-clinique-de-la-tamise-ia33b48581n3301160

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/faits-divers/cinq-morts-suspectes-en-six-mois-a-la-maternite-calais-de-notre-correspondant-14-01-2001-2001890560.php

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/lille/41100-20041207-lille-les-soupcons-planent-sur-le-gyneco

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/lille/4900-20060130-lille-l-ordre-blanchit-le-gyneco

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/lille/84082-20060503-lille-le-docteur-velu-met-en-cause-la-clinique-de-la-tamise

TÉMOIGNAGE D’UNE AUTRE VICTIME DU DOCTEUR VELU : https://aurorepascal.skyrock.com/2303219171-avi-au-futur-maman-qui-viendron-voir-mon-blog.html

Dinan : sa compagne est décédée après avoir accouché à la maternité, il porte plainte.

La jeune femme est décédée d’une hémorragie quelques heures après avoir donné la vie à son deuxième enfant, à la maternité de Dinan. La tête du bébé demeurait bloquée et l’obstétricien a décidé de procéder à une césarienne quatre heures plus tard.

« Cela aurait dû être un des plus beaux jours de notre vie. C’est devenu le pire », déplore David* qui a perdu sa compagne le 5 mai 2019. Le couple avait décidé, pour la seconde fois, de faire naître son enfant à la maternité de Dinan. A quelques kilomètres de leur maison neuve, où ils avaient emménagé le 23 décembre, à la campagne. « Que du bonheur en perspective », glisse la maman de David qui vient tous les jours avec son mari soutenir leur fils accablé par le drame et le seconder dans sa mission de père, désormais seul.

Maïwen* a accouché à la maternité de Dinan à 15h11, le 4 mai. Elle était rentrée à l’hôpital la veille à 18h.

David* qui l’avait rejointe à 5h du matin raconte : « La péridurale ne fonctionnait pas, elle sentait les contractions. Il en avait été de même pour notre premier enfant, il y a cinq ans et demi. Alors, on ne s’alarmait pas. La tête de notre bébé a commencé à bloquer et cela a duré quatre heures. Le gynécologue de garde a donc décidé de procéder à une césarienne à 14h30. »

Elle avait très mal au ventre

L’opération s’est bien passée, le couple a pu se réjouir ensemble de la naissance de son petit garçon. La maman l’a allaité.

Sa grande sœur de cinq ans et demi a pu le découvrir par vidéo, ne pouvant être présente, en raison des restrictions liées au Covid-19.

« A sa 3ème visite, le médecin a constaté que quelque chose n’allait pas. Elle souffrait terriblement lorsqu’il appuyait sur son ventre. Comme s’il s’agissait de contractions. »

Une hémorragie

Vers 17h, le papa, qui tient son nouveau-né dans ses bras, voit sa compagne partir vers le bloc chirurgical. Ils vient d’apprendre que Maïwen fait une hémorragie.

« L’attente est devenue interminable. Une sage-femme m’a rassuré. Puis le gynécologue m’a appris qu’il avait dû effectuer une ablation de l’utérus mais que l’hémorragie était stoppée. Il m’a également signifié que ma compagne serait transportée vers un centre de réanimation, Saint-Brieuc, Saint-Malo ou Rennes. »

Mais à minuit, soit une heure après avoir appris que l’état de sa compagne était « stabilisé », celle-ci fait une rechute. Un anesthésiste informe David que la situation est grave. Le jeune homme « ne tient plus debout » et doit s’allonger sur un lit lorsqu’il pense entendre « qu’on a choqué la patiente » autrement dit qu’on tente de la réanimer.

Transportée par ambulance

Vers 2h30, la jeune maman sera transportée par une ambulance du Samu à Pontchaillou. « Il m’a été dit qu’elle avait reçu dix poches de sang. »

« Une erreur a été commise »

C’est à 5h du matin que le jeune homme apprend, par téléphone, le décès de sa compagne, survenu une heure auparavant. Il se rend à Pontchaillou avec ses parents, la mère et le frère de Maïwen.

« Nous sommes cinq à pouvoir assurer que la médecin qui l’a prise en charge nous a dit qu’elle était intransportable. Qu’avant de conclure à son décès, une heure de massage cardiaque a été prodiguée. Selon elle, quelque chose s’est passé et dans un pays comme le nôtre, cela ne devrait pas arriver.»

Le motif du décès est officiellement une CIVD, une Coagulation Intra Vasculaire Disséminée, qui intervient le plus souvent, justement, lors de complications obstétricales.

Le 16 mai dernier, David a porté plainte à la gendarmerie de Dinan pour homicide involontaire. Il précise que sa compagne avait également fait une hémorragie, lors de son premier accouchement, mais sans commune mesure avec celle du 4 mai.

« Ma femme vit à travers mes enfants »

Maïwen avait 35 ans. « Elle croquait la vie à pleines dents », assure sa belle-mère.

« Elle aimait le football, comme moi. Nous allions ensemble voir les matchs à Rennes, mais aussi à Amsterdam ou encore en Angleterre. Elle aimait aussi les concerts », raconte David.

Cet électricien plombier chauffagiste de 34 ans reprendra le travail probablement à la rentrée lorsque sa fille retournera à l’école et qu’il aura une nourrice pour son bébé.

Il ne veut « pas se laisser dépérir. Il va falloir avancer, pour mes enfants. Ma femme vit à travers eux ».

C’est aussi pour eux qu’il dit porter plainte car « il faudra bien, un jour, leur dire ce qu’il s’est passé. Aujourd’hui, on ne sait pas ».

En colère contre l’hôpital

Lui et ses parents n’acceptent pas la version de l’hôpital qui prétend avoir respecté tous les protocoles.

« J’ai été reçu lors d’une réunion de médiation, vendredi dernier, soit cinq semaines après le décès de ma compagne. Auparavant, je n’ai eu que des appels téléphoniques, voire des courriels. Mais on ne m’a pas reçu pour des raisons de planning. »

Sa mère confirme : 

« Une cellule psychologique a été mise en place pour les soignants qui ont vécu ce drame. Mais rien pour nous, pour David et sa fille. Mon fils, malgré son chagrin, doit effectuer des tâches administratives d’autant plus nombreuses qu’ils n’étaient ni mariés, ni pacsés. »

« Donner la vie et la perdre aussitôt »

Le jeune homme attend désormais de disposer des dossiers médicaux de la mère de ses enfants pour tenter de comprendre. Il ne se résigne pas :

« On ne peut pas dire que c’est la fatalité. Donner la vie et la perdre aussitôt, c’est inconcevable. Je sais bien que ce type d’accident peut encore arriver, mais il faut tous les dispositifs pour l’éviter. »

Selon lui, « si l’hôpital avait été équipé d’un service de réanimation, elle aurait peut-être pu être sauvée. De précieuses minutes auraient été gagnées. »

Pour lui, comme pour sa mère, désormais, « cette maternité doit être fermée. Pourtant, nous nous étions réjouis lorsque les accouchements avaient pu reprendre, le 1er octobre dernier, après trois mois d’interruption**. Ma compagne était employée de cet hôpital. »

Une enquête sanitaire a été confiée au directeur du service maternité du CHU de Rennes, à la demande du groupement hospitalier de Territoire, Rance Emeraude.

Suite à nos demande d’entretien, la Direction des Centres Hospitaliers de Saint-Malo, Dinan et Cancale rappelle qu’aucune conclusion ne peut aujourd’hui être soutenue.

« Tout événement grave survenu dans un établissement de santé fait l’objet d’une déclaration auprès de l’ARS. Une RMM (Revue de Morbidité et de Mortalité) sera ainsi réalisée par des experts médicaux et des experts en méthodologie indépendants. Comme il l’a été indiqué à la famille de
cette patiente, la Direction a fait le choix de cette analyse du déroulement des événements par une équipe externe, alors même qu’elle pouvait la mener en interne. Seules les conclusions de cette analyse pourront être entendues. Un accompagnement de la famille de la patiente a été mis en place. La Direction et les équipes du Centre Hospitalier de Dinan partagent la douleur de la famille de cette patiente et restent disponibles à leurs côtés.
 »

* Tous les prénoms sont fictifs pour respecter l’anonymat souhaité par cette famille.

** Interruption causée en raison d’un nombre insuffisant de médecins anesthésistes pour sécuriser les accouchements.

REVUE DE PRESSE :

via ACTU.FR : https://actu.fr/bretagne/dinan_22050/dinan-sa-compagne-est-decedee-apres-avoir-accouche-a-la-maternite-il-porte-plainte_34348526.html

FRANCE 3 BRETAGNE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/dinan-plainte-contre-x-apres-deces-maman-maternite-1843198.html

FRANCE BLEU : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/maternite-de-dinan-une-plainte-contre-x-apres-un-tragique-accouchement-1592402304

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/faits_divers/2802335-20200618-bretagne-plainte-contre-x-deposee-apres-deces-maman-venait-accoucher

LE TELEGRAMME : https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/dinan/a-dinan-le-deces-d-une-maman-a-la-maternite-fait-l-objet-d-une-plainte-17-06-2020-12567595.php#:~:text=Une%20femme%20venant%20d’accoucher,hospitalier%20de%20Pontchaillou%2C%20%C3%A0%20Rennes.

Sa compagne et son bébé décèdent suite à l’accouchement : un père porte plainte.

Il a porté plainte contre X pour connaître la vérité sur la mort de sa compagne et celle de leur bébé suite à l’accouchement au Pôle de santé de Villeneuve. Il cherche à comprendre la raison pour laquelle une césarienne n’a pas été pratiquée.

En décembre 2017, Sandra, la compagne de Marc est enceinte : « une grossesse qui se déroule normalement. Elle est suivie et tout va bien. Lors du mois d’août, elle commence à avoir des contractions alors que l’accouchement est programmé pour le 3 septembre. Elle va voir la sage-femme et tout rentre, ou presque, dans l’ordre. Mais elle avait toujours mal. Le 3 septembre, jour prévu pour l’accouchement, nous nous rendons au Pôle de Santé du Villeneuvois (PSV). Sur place, Sandra explique qu’elle ressent de nombreuses douleurs. La sage-femme demande alors aux médecins d’effectuer un contrôle pour savoir si tout allait bien, un contrôle qui a été refusé. Sur le monitoring, les données étaient normales ».

Le couple, à la demande médicale rentre ensuite au domicile, « les médecins savent ce qu’ils font », et le 7 septembre « nous retournons au PSV pour un contrôle de pré-accouchement. Tout semblait normal et le rendez-vous est pris pour le samedi 8 septembre afin que la petite Giulla vienne au monde ».

Le début des complications

Installation dans la chambre, habillement en vue de l’accouchement et direction la salle de travail. « Elle est mise sous perfusion afin d’accélérer le travail et le monitoring est toujours normal. Elle se sent alors très fatiguée et souffre beaucoup. On lui rajoute un calmant afin d’atténuer les douleurs et en début d’après-midi une péridurale est pratiquée ».

Pour Marc, c’est à ce moment-là que les choses se compliquent. « Elle était de plus en plus faible et elle avait une forte fièvre, 38,9 °C ». On lui injecte alors un autre produit pour faire baisser la fièvre. Le gynécologue arrive, examine Sandra, longuement et l’air soucieux. Il prépare alors des forceps pour que le bébé sorte enfin. Sandra se sentait de plus en plus fatiguée ».

Une envie de vomir de sa compagne fait que Marc d’Angelo sort quelques minutes de la chambre afin de prendre l’air. « Quand je reviens vers la salle d’accouchement, le bébé est dans les bras d’un médecin et de personnels dans une chambre d’à côté. On me dit que tout va bien. Je rentre dans la salle d’accouchement. Les sages-femmes sont à quelques mètres du lit, l’air soucieux. Je me précipite auprès de Sandra. Elle a extrêmement froid. Il y a du sang partout. »

Marc va revoir sa fille. « On me dit alors qu’elle doit être transférée sur Bordeaux. Je ne comprends pas ».

Il retourne alors au chevet de Sandra. « Ses lèvres sont bleues, elle ne me parle plus. Quand je me retourne vers le moniteur, je vois que son rythme cardiaque baisse fortement. Je préviens tout le monde. Elle continue à perdre du sang. Le gynécologue s’active à l’éponger et je pense immédiatement à une hémorragie interne. Les médecins s’activent alors, prodiguent un long massage cardiaque. Mais comme elle a perdu beaucoup de sang et que la transfusion n’est pas encore en place, cela ne sert à rien. Pourquoi n’y a-t-il pas des poches de sang immédiatement disponibles dans ce genre de cas. Ce n’est pas normal. Et je l’ai vu mourir dans mes bras ».

Le bébé meurt le lendemain

Sandra est décédée. Toute la famille est présente, en larme et terriblement choquée.

« Nous avons ensuite été reçus par un médecin, mais j’étais tellement traumatisé que je n’ai pas pu comprendre tout ce que l’on me disait. Tout comme je ne comprends toujours pas qu’une césarienne n’a pas été pratiquée immédiatement. C’est normalement la procédure en cas de complication. Pour moi, il y a une faute professionnelle ».

Dès le lendemain, Marc se rend à Bordeaux, voir la petite Giulla. « Elle est en soins et je n’en apprends pas vraiment plus. J’y retourne le lundi ».

Le mardi 11 septembre, Marc d’Angelo reçoit alors un coup de fil du CHU de Bordeaux :

« On me dit alors que Giulla est décédée. Un problème dû à l’accouchement et à un manque d’oxygène. Tous ses organes vitaux étaient atteints ». Un nouveau coup de massue sur la tête du compagnon et père.

Ce même jour, il part déposer « une plainte contre X auprès du commissariat de Villeneuve, afin de connaître les circonstances exactes de la mort de ma compagne et de ma fille ».

Un dépôt de plainte confirmée par les autorités.

« Une autopsie a été pratiquée, et depuis 4 mois, j’en attends les résultats. Pourquoi un tel délai ? C’est incompréhensible. J’ai pris un avocat qui va avoir tout le dossier en main dès lundi. Il faut savoir ce qu’il s’est passé et reconnaître les responsabilités de chacun ».

REVUE DE PRESSE :

Via La Dépêche : https://www.ladepeche.fr/article/2019/01/12/2939067-compagne-bebe-decedent-apres-accouchement-lot-garonnais-porte-plainte-contre.html

France 3 Nouvelle Aquitaine : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/lot-et-garonne/accouchement-ete-fatal-maman-son-bebe-pere-porte-plainte-contre-x-1607889.html

L’Alsace : https://www.lalsace.fr/actualite/2019/01/14/sa-compagne-et-son-bebe-meurent-apres-l-accouchement

France Soir : http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/il-porte-plainte-contre-x-mort-de-sa-femme-et-son-bebe-apres-accouchement

Le Point : https://www.lepoint.fr/faits-divers/lot-et-garonne-sa-femme-et-son-enfant-meurent-apres-l-accouchement-15-01-2019-2285840_2627.php

Ouest-France : https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/lot-et-garonne/lot-et-garonne-sa-compagne-et-son-bebe-meurent-apres-l-accouchement-il-porte-plainte-6171793

RTL : https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/lot-et-garonne-sa-compagne-et-son-bebe-meurent-apres-l-accouchement-7796230515

LCI : https://www.lci.fr/sante/lot-et-garonne-sa-compagne-et-son-bebe-meurent-apres-l-accouchement-il-porte-plainte-2110289.html

Actu.fr : https://actu.fr/faits-divers/villeneuve-sur-lot-lot-garonne-une-maman-fille-decedent-suite-laccouchement_20721392.html

Pourquoi Docteur ? : https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/27984-Lot-et-Garonne-depose-plainte-X-deces-femme-bebe-l-accouchement

Acharnement obstétrical au forceps alors qu’une césarienne était programmée : une jeune mère en réanimation.

L’obstétricien qui suivait la jeune maman lui avait programmé une césarienne car son bébé était trop gros pour un accouchement par voie basse. Mais 2 semaines avant la date prévue, elle a ressenti des contractions et l’obstétricien de garde n’a rien voulu entendre et lui a imposé un accouchement par voie basse, avec forceps à deux reprises avant de finalement procéder à une césarienne d’urgence. La jeune femme est alors victime d’une grave hémorragie et a été transférée en réanimation où elle a dû être transfusée de 4 poches de sang et plasma.

« J’ai expliqué mon cas à l’obstétricien de garde ce jour là mais il n’a rien voulu entendre. Il voulait absolument me faire accoucher par voie naturelle« , se remémore Julie. 

Après 12 heures sous péridurale et toujours pas de bébé, le gynécologue obstétricien décide d’utiliser les forceps.

 » Il s’est acharné pendant 30 minutes j’étais à bout de force« , raconte la jeune femme émue. 

Finalement, elle est envoyée au bloc pour y réaliser une césarienne en urgence. Mais arrivée en salle d’opération, la future maman fait un choc hémorragique et perd plusieurs litres de sang.

Elle est transfusée de 4 poches de sang et plasma et passe sa première nuit de jeune mère en réanimation.

« Il y a eu un véritable moment de panique. Mon pronostic vital était engagé, le réanimateur l’a dit à ses équipes« .  

Très vite, alors qu’elle séjourne encore à la clinique, elle souhaite obtenir des explications.

« L’obstétricien qui m’a accouché m’a expliqué qu’avec le champs opératoire installé pour réaliser la césarienne, il n’a pu vu que je faisais une hémorragie par le bas« , se rappelle Julie furieuse. 

Un dossier médical signé par des médecins qui ne l’auraient pas auscultée

A sa sortie de la clinique, la jeune maman va relancer l’établissement pour tenter d’obtenir plus de justifications. Pour seule réponse, elle reçoit son dossier médical qui ne l’éclaire pas d’avantage.

«  Le pire c’est que ce dossier a été signé par des médecins qui ne m’ont jamais auscultée« . 

Au moins deux autres drames survenus dans cette même clinique

Infirmière à Montauban, elle connaît beaucoup de professionnels de santé dans cette ville et s’est renseignée sur un autre accouchement traumatique survenu plus récemment dans cette même clinique, mais ayant cette fois-ci abouti au décès de la maman

« Le gynécologue obstétricien qui l’a accouchée est le même que celui qui m’a pris en charge pour la naissance de ma fille. Il faut arrêter le massacre », se désole t-elle. 

D’après la jeune femme, le médecin en question serait un des actionnaires de la clinique est donc « intouchable« .

En 2017, l’établissement du groupe Elsan avait déjà fait face à une enquête judiciaire suite à la mort d’un bébé au sein de la clinique.

REVUE DE PRESSE :

FRANCE 3 OCCITANIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/temoignage-moi-j-ai-failli-mourir-accouchant-clinique-montauban-1643788.html

FRANCE 3 OCCITANIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/enquete-preliminaire-ouverte-apres-deces-jeune-femme-venant-accoucher-montauban-1643030.html

FRANCE 3 OCCITANIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/montauban-enquete-apres-mort-bebe-decede-clinique-progresse-1219665.html


Son accouchement déclenché par Cytotec responsable du lourd handicap de son fils : « à aucun moment, l’hôpital ne se sent coupable »

Après un accouchement extrêmement douloureux provoqué par l’administration de Cytotec, son enfant naît en état de mort apparente. Aurélie a fait condamner l’hôpital de Poissy et a contribué à faire retirer le Cytotec du marché.

« Je suis rentrée la veille à l’hôpital de Poissy, pour le déclenchement, parce que j’avais dépassé le terme de trois jours. Très vite après l’insertion du médicament, je ressens de violentes contractions, qui ne s’arrêtent jamais. Je le signale à plusieurs reprises, j’hurle de douleur, je pleure, je supplie. Ça dure des heures et des heures, sans qu’on m’écoute, sans qu’on prenne part à ma douleur. 

Dans un premier temps, on me met en salle de travail. Après maints et maints efforts, Timéo finit par sortir en état de mort apparente. On l’emmène aussitôt pour le réanimer, sans que je puisse le prendre, et très vite, il est emmené à Paris. Deux heures après l’accouchement, je suis toujours en salle de travail en train d’hurler, et là on commence à se dire que ce n’est pas normal. On m’ausculte et on s’aperçoit que j’ai une grosse hémorragie et que j’ai l’utérus qui est complètement ouvert, d’un bout à l’autre.

Le jour même de l’accouchement, dès que je commence à ressentir les douleurs, je ne sais pas pourquoi, mais bizarrement, je savais qu’il y avait un truc qui n’allait pas, et j’ai commencé à écrire. Dès le lendemain, j’ai écris heure par heure tout ce qui s’était passé. Très vite, quand j’ai demandé mon dossier médical, j’ai vu un mot, Cytotec, que je ne connaissais pas. J’ai fait des recherches sur internet, et là on tombe de haut. On voit qu’il n’a pas d’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), que c’est un médicament détourné de son usage premier. Il y a pourtant des alertes, et personne ne bouge, personne ne dit rien. Et malheureusement, ça continue à faire des dégâts bien après moi. 

On m’a informée, mais sans me dire le nom du médicament. Ils me disent juste que dans cet établissement, ils utilisent cette méthode et sans rien de plus. Normalement, il aurait fallu me faire signer une autorisation. Et j’ai découvert tout ça que bien, bien après. A aucun moment, ils ne se sentent coupables. Je n’ai jamais reçu d’excuses de leur part, je n’en espère même plus. Le seul truc que j’ai eu, c’est la petite tape sur l’épaule et on m’a dit ‘pas de chance ma petite dame, c’est tombé sur vous‘.

 » A aucun moment, ils ne se sentent coupables. Je n’ai jamais reçu d’excuses de leur part, je n’en espère même plus. » 

Au bout de presque une semaine, j’ai enfin pu aller voir mon fils, je me suis un peu remise de l’opération. Il est perfusé, branché de partout, c’est vraiment une image qui restera ancrée à vie. On me dit : « Tous les examens sont négatifs, on a très peu d’espoir »

Il souffre de ce qu’on appelle la tétraparésie spastique. Ses muscles ne fonctionnent pas correctement : il est obligé d’être stimulé en permanence, il fait de la kinésithérapie deux fois par semaine, je le fais travailler aussi à la maison.

Il a de l’ostéopathie, de l’orthophonie, pour espérer acquérir un minimum de muscles pour qu’il tenir assis, marcher, courir, comme il devrait normalement le faire. 

«  Aujourd’hui, Timéo va bien, il va avoir 9 ans. Il est en pleine forme, il a la joie de vivre. C’est mon petit guerrier à moi. « 

REVUE DE PRESSE :

via EUROPE 1 : https://www.europe1.fr/societe/aurelie-a-accouche-sous-cytotec-dun-enfant-handicape-a-aucun-moment-lhopital-ne-se-sent-coupable-3930057

NOUVEL OBSERVATEUR : https://www.nouvelobs.com/sante/20171019.OBS6195/cytotec-le-scandale-de-l-antiulcereux-detourne-pour-declencher-des-accouchements.html

FRANCE TV INFO : https://www.francetvinfo.fr/sante/medicament/cytotec-un-nouveau-medicament-qui-pose-probleme_2427207.html

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/societe/son-enfant-est-handicape-apres-un-accouchement-sous-cytotec-18-10-2017-7341525.php

ACTU.FR : https://actu.fr/ile-de-france/poissy_78498/cytotec-la-maternite-de-poissy-devra-payer_12371997.html

LE FIGARO : https://sante.lefigaro.fr/article/detourne-pour-declencher-des-accouchements-le-cytotec-va-etre-retire-du-marche/

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/sante/2153967-20171019-cytotec-medicament-utilise-declencher-accouchements-retire-marche-francais-2018

LE POINT : https://www.lepoint.fr/societe/le-cytotec-medicament-detourne-de-son-usage-retire-du-marche-en-2018–19-10-2017-2165706_23.php

BFM TV : https://www.bfmtv.com/sante/cytotec-le-medicament-qui-declenche-les-accouchements-retire-du-marche_AN-201710190034.html