Retard de césarienne : les parents d’un bébé lésé cérébral demandent des comptes à l’hôpital de Falaise.

Malgré la présence d’anomalies du rythme cardiaque du bébé durant l’accouchement la césarienne a été décidée trop tardivement et l’enfant est lésé cérébral. Il souffre aujourd’hui de lourds handicaps. Sa famille fait appel du premier jugement.

Les parents d’un enfant né handicapé en décembre 2009 après avoir été privé d’oxygène à sa naissance à la maternité de Falaise ont demandé à la cour administrative d’appel de Nantes, jeudi 2 juillet 2020, d’annuler le jugement qui avait limité en avril 2018 leur indemnisation. 

Les parents réclament une provision de 820 000 € et ont été rejoints par la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) du Calvados qui conteste également la décision du tribunal administratif de Caen qui avait condamné l’hôpital de Falaise à ne lui verser que 133 000 € pour les soins engagés.

L’actuel et l’ancien assureur de l’établissement de santé, à savoir la compagnie anglaise Newline Underwriting Management et la Société Hospitalière d’Assurances Mutuelles (SHAM), se renvoient aussi la responsabilité de l’accident : la facture a été mise à la charge du second alors que l’hôpital avait changé d’assureur en 2012.

Une faute de l’hôpital

Ce drame fut qualifié de « fait marquant » par la maternité, (finalement fermée en 2015) et avait provoqué dès le lendemain une réunion de crise avec tous les personnels impliqués. Un nouveau protocole avait alors été adopté pour déterminer les modalités d’appel au gynécologue-obstétricien de garde.

Un gynécologue-obstétricien n’était en effet pas sur place cette nuit-là : la maternité de Falaise était considérée comme une maternité dite « de rang 1 », c’est-à-dire qu’elle ne pouvait prendre en charge que les grossesses ne présentant pas de risque particulier. Cela « imposait une vigilance particulière des sages-femmes », a donc expliqué jeudi le rapporteur public, lors de l’audience devant la cour administrative d’appel de Nantes.

Des anomalies du rythme cardiaque fœtal et un retard de décision de césarienne

Or, cette nuit-là, si la césarienne qui avait été pratiquée sur cette mère de l’enfant était médicalement « justifiée », elle aurait dû survenir « trois heures plus tôt » selon un expert. Ce retard de prise en charge n’est pas contesté par le centre hospitalier. « La faute du centre hospitalier est établie », a confirmé jeudi le rapporteur public.

« Si le tracé du rythme cardiaque fœtal (RCF) a été qualifié par les deux sages-femmes s’étant succédé […] de satisfaisant jusqu’à 21 h, il a en réalité présenté dès 19 h 25 des anomalies sévères. Or, le gynécologue obstétricien d’astreinte, pourtant appelé par la sage-femme à propos […] d’une autre patiente, n’a pas été consulté […] avant 23 h 05. »

Le magistrat n’a toutefois pas suivi la famille sur toutes ses demandes d’indemnisation. « Les frais de logement que le père de famille a dû engager à Sées, dans l’Orne, à la faveur d’une promotion professionnelle résultent d’un choix familial sans lien avec la faute de l’hôpital de Falaise », a cité en exemple le rapporteur public.

Les frais de scolarité du centre spécialisé où a été admis Thaïs n’ont pas non plus été pris en charge par la famille elle-même mais par l’association « Marche, Souris et Danse » qu’elle a créée, a-t-il fait remarquer aux juges.

L’avocat de la famille a rappelé pour sa part que les 30 000 € accordés à ses clients pour le seul achat d’un véhicule adapté au handicap de leur enfant étaient insuffisants. Pour convaincre les juges, il les a invités à se rendre sur le site de l’entreprise Lenoir Handi Concept qui fait référence en la matière. « À ce prix-là, ils n’auront qu’une occasion », a-t-il souligné.

Le délibéré rendu dans un mois

L’avocate du centre hospitalier, pour sa part, a contesté le taux de perte de chance d’échapper aux séquelles qui avait été arrêté par le tribunal administratif de Caen : les juges avaient estimé que la faute de l’hôpital était responsable à 95 % des dommages subis par le jeune Thaïs alors que les experts l’avaient évaluée à 80 %.

L’avocate estime, en effet, en substance, que la politique de hiérarchisation des maternités en France a aussi une part de responsabilité dans les séquelles de l’enfant : il fallait de toute manière compter un « délai incompressible d’une heure » avant l’arrivée d’un gynécologue-obstétricien à Falaise. Or, les premières anomalies du rythme cardiaque du bébé avaient été détectées bien avant ; dès lors, selon elle, même « si la prise en charge du sage-femme avait été conforme » aux règles de l’art, il n’aurait pas pu éviter complètement la survenue de telles séquelles.

La cour administrative d’appel de Nantes, qui a mis sa décision en délibéré, rendra son arrêt dans un mois environ.

La décision de la Cour Administrative d’Appel de Nantes

La cour administrative d’appel de Nantes a alourdi la sanction et les indemnités que l’hôpital doit verser à la famille .

Elle a fait passer de 260 000 € à plus de 400 000 € la somme que le centre hospitalier de Falaisedevra verser aux parents.

À ces dédommagements, s’ajouteront des rentes jusqu’à la majorité du petit garçon pour couvrir des frais évolutifs.

La Société Hospitalière d’Assurances Mutuelles (SHAM) – ancien assureur du centre hospitalier – a également été condamnée solidairement avec l’hôpital pour garantir ces sommes aux parents de l’enfant.

La SHAM s’opposait sur le principe même de sa responsabilité à la compagnie qui avait pris sa suite.

Le retard de césarienne d’une durée de 3 h a bel et bien « constitué […] une perte de chance majeure d’éviter toute séquelle neurologique ». Celle-ci avait été évaluée « à juste titre » à 95 % par le tribunal administratif de Caen en première instance, considère la cour administrative d’appel.

Un préjudice évalué à 1,4 M €

Elle ajoute :

« L’état de santé de l’enfant requiert, en raison des très lourdes séquelles consécutives à la faute du centre hospitalier de Falaise qui sont à l’origine de lésions cérébrales irréversibles, une aide humaine particulièrement importante, afin non seulement de l’assister […] mais également de le stimuler et le surveiller. »

La famille du jeune garçon avait évalué ses préjudices à 1,4 M €.

REVUE DE PRESSE :

Notre premier article : https://atide-asso.fr/2019/12/09/leur-bebe-prive-doxygene-durant-laccouchement-plus-de-500000euros-pour-la-famille/

ACTU.FR : https://actu.fr/normandie/falaise_14258/les-parents-du-bebe-ne-handicape-demandent-des-comptes-a-l-hopital-de-falaise_34862908.html

ACTU.FR : https://actu.fr/normandie/falaise_14258/le-centre-hospitalier-de-falaise-doit-payer-plus-pour-un-enfant-ne-handicape_35098964.html

Le bébé est asphyxié à cause d’un retard de césarienne : l’hôpital de Ploërmel condamné à payer plus de 2 millions d’euros.

Un jeune homme de 29 ans, en situation de handicap, ses parents et son frère ont fait appel à Nantes du jugement qui avait condamné en 2017 l’hôpital de Ploërmel à leur verser 1,7 million d’euros, pour les lourdes conséquences des fautes de ses médecins à sa naissance. Une césarienne avait été pratiquée trop tardivement.

Le tribunal administratif de Rennes avait aussi ordonné à l’hôpital et son assureur Axa de payer 338 000 € à la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) du Morbihan, pour les frais de santé qu’elle a dû rembourser depuis 1990.

Quentin Poirier, âgé aujourd’hui de 29 ans, considère lui que le centre hospitalier Alphonse-Guérin devait prendre en charge l’intégralité de ses préjudices – et pas seulement 80 %, comme l’avaient évalué les premiers juges.

Le principe de la responsabilité de l’hôpital public avait à vrai déjà été arrêté dans un premier jugement du tribunal administratif de Rennes, rendu lui en janvier 2003. Les médecins ploërmelais avaient en effet « sous-estimé » la souffrance du bébé dans le ventre de sa mère, et avaient procédé à une césarienne avec une 1 h 10 de retard.

Des manquements

« L’infirmité motrice cérébrale grave dont M. Quentin Poirier est atteint est consécutive à une souffrance foetale (…) ayant pour origine la constitution d’un hématome rétroplacentaire dont le caractère massif a entraîné une asphyxie aiguë« , avait ainsi rappelé le tribunal administratif de Rennes dans son jugement de 2017.

« Le centre hospitalier de Ploërmel a commis des manquements fautifs en sous-estimant cette souffrance foetale, et en procédant avec 70 minutes de retard à une césarienne, prolongeant ainsi l’asphyxie périnatale », avait-il résumé.

Aujourd’hui, le jeune homme se déplace en fauteuil roulant ; ses parents ont dû aménager un Volkswagen Transporter pour ses déplacements. Il est également sujet à des « mouvements involontaires dystoniques d’une grande ampleur pouvant entraîner des blessures« , à un « mutisme » et à un « état de dépendance total« .

Lors de l’audience en appel, le rapporteur public a préconisé de revoir à la hausse l’indemnisation de la famille : selon ses calculs, elle devrait recevoir près de 1,9 millions d’euros, sans compter les intérêts.

« Beaucoup de choses me satisfont dans ces conclusions« , a réagi l’avocat de la famille. L’avocate du centre hospitalier de Ploërmel et d’Axa a simplement appelé les juges à déduire de ces sommes l’Allocation pour adulte handicapé (AAH) que touche Quentin Poirier. L’avocate de la Sécurité sociale, elle, s’est rapportée aux conclusions de son dossier écrit.

Verdict de la cour d’appel de Nantes

La cour administrative d’appel de Nantes a rendu son verdict, vendredi 20 septembre 2019. L’hôpital de Ploërmel a été condamné à verser près de 2 millions d’euros.

Des sommes vont encore s’ajouter

Aux 2 millions d’euros arrêtés par la cour administrative d’appel de Nantes, vont encore s’ajouter d’autres sommes : l’hôpital devra également verser au jeune homme une rente trimestrielle dans la mesure où « il n’est pas possible pour l’avenir de déterminer [s’il] sera placé dans une institution spécialisée ou s’il sera hébergé au domicile de sa famille ».

Ils devront également se revoir pour calculer précisément les sommes dues par l’hôpital et son assureur pour la « perte de revenus professionnels » et « perte consécutive de ses droits à pension de retraite ».

Devront simplement être déduites les sommes déjà perçues au titre de l’Allocation pour adultes handicapés (AAH). La Sécurité sociale, elle, a vu son indemnisation minorée en appel : de 338 000 €, elle est passée à 325 000 €.

Des travaux « particulièrement nécessaires »

L’hôpital devra prendre en charge le nouveau fauteuil électrique du jeune homme, qui avait permis de « faciliter très significativement sa vie quotidienne et d’améliorer son développement personnel et sa socialisation », précise un ergothérapeute.

Le centre hospitalier devra également payer les travaux d’extension de la maison de ses parents : ils étaient « particulièrement nécessaires au vu des caractéristiques de leur logement, inadaptées à une personne handicapée ».

REVUE DE PRESSE :

via OUEST FRANCE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/bebe-ne-handicape-hopital-ploermel-passe-devoir-payer-plus-2-millions-euros-1718139.html

ACTU.FR : https://actu.fr/bretagne/ploermel_56165/ploermel-facture-salourdit-lhopital-apres-naissance-dun-bebe-handicape_27446838.html

Dinan. L’hôpital condamné 34 ans après les faits pour le handicap lourd d’un enfant suite à un accouchement traumatique.

Le tribunal administratif de Rennes a condamné le centre hospitalier de Dinan pour un accouchement tardif ayant entraîné des troubles mentaux et physiques sur l’enfant. Trente-quatre ans après les faits et une longue bataille juridique, l’hôpital doit indemniser la famille de l’enfant décédé depuis.

L’affaire remonte à plus de trente ans. En 1984, une femme accouche dans des conditions difficiles au centre hospitalier de Dinan. Le personnel doit recourir à une césarienne mais l’opération est pratiquée trop tard. Le fils développe un handicap sévère et meurt en avril 2016.

Premier jugement en 1992

Les parents demandent réparation à l’hôpital. L’établissement est jugé entièrement responsable « des conséquences dommageables du retard à l’extraction de l’enfant » en décembre 1992. S’ensuit une multitude procédures judiciaires et une longue bataille juridique entre les parents et l’hôpital.

En mai 2015, la cour administrative d’appel de Nantes demande une expertise. Celle-ci démontre une hypoxie du fœtus, c’est-à-dire une diminution de la quantité d’oxygène apportée aux organes par le sang. L’incident a provoqué des troubles cérébraux irréversibles chez l’enfant.

Plus de 800 000 € à verser

L’affaire est de nouveau jugée le 19 janvier dernier par le tribunal administratif de Rennes et délibérée le 15 février. Le tribunal condamne l’hôpital à verser 727 245 € à la famille de l’enfant. S’ajoute à la décision, la somme des prestations sociales due au handicap, soit 56 252 € que le centre hospitalier doit à la Mutualité sociale agricole des Portes de Bretagne et 26 413 € à la CPAM d’Ille-et-Vilaine.

REVUE DE PRESSE :

OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/bretagne/dinan-22100/dinan-l-hopital-condamne-pour-un-accouchement-entrainant-un-handicap-5582802

Suspicion de macrosomie fœtale & accouchement déclenché : une maman victime d’une rupture utérine. Son bébé asphyxié et handicapé a plus de 90%.

La vie de Mounir et Camille s’est arrêtée le 4 décembre 2018 à la maternité de Lorient. La naissance de leur petite Fatiha a tourné au cauchemar après un accouchement difficile achevé par une rupture utérine. Le bébé a été asphyxié et est handicapé à plus de 90%.

Voilà dix mois que Fatiha est née, le 4 décembre 2018 à la maternité de Lorient (Morbihan). Il était 1 h 47 du matin. Sa vie et celle de ses parents, Mounir et Camille, ont basculé. Depuis, le quotidien de ces Parisiens se résume à quatre murs dans une chambre de l’hôpital de Vannes (Morbihan). Premiers regards, premiers sourires. Il n’y en aura pas. L’accouchement a tourné au drame. La rupture utérine a nécessité une césarienne d’urgence. Un code rouge, dans le jargon médical, pour Fatiha devenue polyhandicapée à plus de 90 %. « Notre bébé s’est asphyxié », glisse Mounir.

Penchée sur son lit, Camille parle à sa fille en lui caressant les cheveux. Elle lui murmure des mots doux. Fatiha ne peut pas les entendre. Ni croiser son regard. Elle est sourde, aveugle et n’a pas de motricité. Elle ne peut ni manger, ni respirer sans appareils. Ses parents viennent la voir tous les jours. « Dès que je me lève et quand je me couche, j’appelle le service pédiatrique, glisse Camille. Ça compense le fait que je ne peux pas m’occuper d’elle. »

Elle ne quitte pas sa fille des yeux. Pas question de laisser cette tache sur sa robe jaune. Camille choisit avec soin une nouvelle tenue. « Il y a deux semaines, elle a gémi. Ça lui est arrivé deux, trois fois. C’est presque un miracle. »

Tout l’opposé de ce que ce couple imaginait. Tous deux parents de deux enfants, ce bébé était le fruit de trois ans d’amour. « Fatiha était attendue avec impatience. » Venus de Paris, cette employée dans l’immobilier et cet entrepreneur n’avaient pas prévu de s’installer dans le pays de Vannes. « Nous étions venus pour rénover et vendre un appartement à Lorient. Nous y avions organisé le suivi de grossesse. » Le retour à Paris devait se faire peu après l’accouchement.

De cette nuit-là, le couple se souvient de tout. « Trois semaines avant le terme, le médecin m’a parlé de déclenchement. Il y avait suspicion de macrosomie fœtale ». Péridurales, contractions intenses, poche des eaux rompue, douleurs… Tout s’enchaîne : « Je pleurais, je n’étais pas bien. Je commençais à vomir… » Son utérus se déchire. Le code rouge est déclenché pour extraire le bébé.

Mounir raconte la suite. « Le pédiatre m’a dit que le bébé risquait d’avoir des séquelles neurologiques. J’étais sous le choc. Je n’ai pas tout compris ». Fatiha est transférée au service néonatologie de Brest, placée en hypothermie et coma artificiel. Le lendemain, ses parents la rejoignent. Chacun encaisse à sa façon. 

« À ce moment, tout s’écroule », pour Mounir. « Je n’arrivais pas à pleurer. J’étais dans un autre monde, ajoute Camille. Tout ce que vous avez prévu. Le peau-à-peau, l’allaitement… On vous enlève tout. Je ne pouvais même pas prendre mon bébé dans les bras. » Ils évoquent aussi l’espoir qui les tient debout : « Les médecins sont flous. On sait qu’ils nous préparent au pire. »

L’association La brise, qui œuvre en faveur des soins palliatifs pédiatriques, les accompagne. « Nous sommes en contact régulier ». Le couple a aussi rempli une fiche d’urgence indiquant les gestes médicaux à réaliser en cas de complications. « Son cas est si lourd qu’il peut y en avoir à tout moment. Elle est tous les jours exposée à la mort. Jusqu’où peut-on aller pour la soulager ? C’est une question grave, ajoute Mounir. Nous avons fixé des limites. On la laissera partir en cas de complication. On ne veut pas d’acharnement. On refuse tout ce qui peut lui faire du mal. »

Voilà plus de 9 mois que Fatiha est là. Son nounours l’attend toujours dans sa chambre, à la maison qu’ils ont fini par aménager, dans le pays de Vannes. « Ce n’est pas une vie pour elle », confie son père.

D’ici quelques jours, les médecins, l’association La Brise et le couple se réuniront. « Nous voulons faire le point sur l’évolution de sa santé. Elle survit. Mais a-t-on le droit de la maintenir comme ça ? », s’interroge son père.

Sa femme « n’est pas encore prête », selon lui. Camille ne dément pas et parle de petites victoires. « Elle est sensible au toucher. Je suis sûre qu’elle ressent notre présence. » Le mot n’est jamais prononcé. « Aucun parent n’est prêt pour ça. » Eux ont abandonné tout projet. «  Notre quotidien, c’est l’hôpital et notre impuissance. »

Ce qui dit la loi

Les directives anticipées

La loi relative aux droits des malades et à la fin de vie est plus connue sous le nom de loi Leonetti. Promulguée le 22 avril 2005, elle permet d’arrêter ou de limiter les traitements, comprenant l’alimentation et l’hydratation, des malades en fin de vie selon leur volonté. Ceux-ci peuvent s’accompagner de soins palliatifs pour éviter aux personnes de souffrir. Le patient qui est dans l’incapacité d’exprimer sa volonté aura pu le faire en remplissant ses directives anticipées ou par le biais d’une personne de confiance. « Les directives anticipées sont comme un testament qu’il faut remplir de manière lucide », détaille Renée Jeanjean, déléguée du Morbihan de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.

La loi Leonetti-Claeys

Promulguée en 2016, celle-ci vient renforcer les droits des malades, notamment en permettant une sédation profonde et continue. Il s’agit concrètement d’endormir la personne jusqu’à sa mort pour lui éviter toute souffrance. Il ne s’agit ni d’un suicide assisté, ni d’une euthanasie. Et si le médecin juge la demande inappropriée ou non-conforme à la situation médicale de son patient ? « Un collège de médecins doit se réunir pour décider si ou non, l’état de santé du patient permet de mettre en œuvre la loi Leonetti », ajoute Renée Jeanjean. L’arrêt des traitements et la prise de sédatifs sont effectués par le corps médical.

Qu’en est-il des mineurs ?

« C’est une décision collégiale des médecins avec les parents, ajoute la déléguée départementale. Ce n’est jamais imposé. »

REVUE DE PRESSE :

via OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/bretagne/morbihan/morbihan-notre-bebe-s-est-asphyxie-la-naissance-de-fatiha-tourne-au-drame-6560775?5f5e3f4bdcd98

Son accouchement déclenché par Cytotec responsable du lourd handicap de son fils : « à aucun moment, l’hôpital ne se sent coupable »

Après un accouchement extrêmement douloureux provoqué par l’administration de Cytotec, son enfant naît en état de mort apparente. Aurélie a fait condamner l’hôpital de Poissy et a contribué à faire retirer le Cytotec du marché.

« Je suis rentrée la veille à l’hôpital de Poissy, pour le déclenchement, parce que j’avais dépassé le terme de trois jours. Très vite après l’insertion du médicament, je ressens de violentes contractions, qui ne s’arrêtent jamais. Je le signale à plusieurs reprises, j’hurle de douleur, je pleure, je supplie. Ça dure des heures et des heures, sans qu’on m’écoute, sans qu’on prenne part à ma douleur. 

Dans un premier temps, on me met en salle de travail. Après maints et maints efforts, Timéo finit par sortir en état de mort apparente. On l’emmène aussitôt pour le réanimer, sans que je puisse le prendre, et très vite, il est emmené à Paris. Deux heures après l’accouchement, je suis toujours en salle de travail en train d’hurler, et là on commence à se dire que ce n’est pas normal. On m’ausculte et on s’aperçoit que j’ai une grosse hémorragie et que j’ai l’utérus qui est complètement ouvert, d’un bout à l’autre.

Le jour même de l’accouchement, dès que je commence à ressentir les douleurs, je ne sais pas pourquoi, mais bizarrement, je savais qu’il y avait un truc qui n’allait pas, et j’ai commencé à écrire. Dès le lendemain, j’ai écris heure par heure tout ce qui s’était passé. Très vite, quand j’ai demandé mon dossier médical, j’ai vu un mot, Cytotec, que je ne connaissais pas. J’ai fait des recherches sur internet, et là on tombe de haut. On voit qu’il n’a pas d’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), que c’est un médicament détourné de son usage premier. Il y a pourtant des alertes, et personne ne bouge, personne ne dit rien. Et malheureusement, ça continue à faire des dégâts bien après moi. 

On m’a informée, mais sans me dire le nom du médicament. Ils me disent juste que dans cet établissement, ils utilisent cette méthode et sans rien de plus. Normalement, il aurait fallu me faire signer une autorisation. Et j’ai découvert tout ça que bien, bien après. A aucun moment, ils ne se sentent coupables. Je n’ai jamais reçu d’excuses de leur part, je n’en espère même plus. Le seul truc que j’ai eu, c’est la petite tape sur l’épaule et on m’a dit ‘pas de chance ma petite dame, c’est tombé sur vous‘.

 » A aucun moment, ils ne se sentent coupables. Je n’ai jamais reçu d’excuses de leur part, je n’en espère même plus. » 

Au bout de presque une semaine, j’ai enfin pu aller voir mon fils, je me suis un peu remise de l’opération. Il est perfusé, branché de partout, c’est vraiment une image qui restera ancrée à vie. On me dit : « Tous les examens sont négatifs, on a très peu d’espoir »

Il souffre de ce qu’on appelle la tétraparésie spastique. Ses muscles ne fonctionnent pas correctement : il est obligé d’être stimulé en permanence, il fait de la kinésithérapie deux fois par semaine, je le fais travailler aussi à la maison.

Il a de l’ostéopathie, de l’orthophonie, pour espérer acquérir un minimum de muscles pour qu’il tenir assis, marcher, courir, comme il devrait normalement le faire. 

«  Aujourd’hui, Timéo va bien, il va avoir 9 ans. Il est en pleine forme, il a la joie de vivre. C’est mon petit guerrier à moi. « 

REVUE DE PRESSE :

via EUROPE 1 : https://www.europe1.fr/societe/aurelie-a-accouche-sous-cytotec-dun-enfant-handicape-a-aucun-moment-lhopital-ne-se-sent-coupable-3930057

NOUVEL OBSERVATEUR : https://www.nouvelobs.com/sante/20171019.OBS6195/cytotec-le-scandale-de-l-antiulcereux-detourne-pour-declencher-des-accouchements.html

FRANCE TV INFO : https://www.francetvinfo.fr/sante/medicament/cytotec-un-nouveau-medicament-qui-pose-probleme_2427207.html

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/societe/son-enfant-est-handicape-apres-un-accouchement-sous-cytotec-18-10-2017-7341525.php

ACTU.FR : https://actu.fr/ile-de-france/poissy_78498/cytotec-la-maternite-de-poissy-devra-payer_12371997.html

LE FIGARO : https://sante.lefigaro.fr/article/detourne-pour-declencher-des-accouchements-le-cytotec-va-etre-retire-du-marche/

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/sante/2153967-20171019-cytotec-medicament-utilise-declencher-accouchements-retire-marche-francais-2018

LE POINT : https://www.lepoint.fr/societe/le-cytotec-medicament-detourne-de-son-usage-retire-du-marche-en-2018–19-10-2017-2165706_23.php

BFM TV : https://www.bfmtv.com/sante/cytotec-le-medicament-qui-declenche-les-accouchements-retire-du-marche_AN-201710190034.html