Dr SCHWARCZ, CALDEYRO-BARCIA et al : Fréquence cardiaque fœtale au cours du travail avec les membranes intactes et rompues.

En 1973, une remarquable étude scientifique a été réalisée par un groupe de médecins sur les anomalies de fréquence cardiaque fœtale de type Dips 1 au cours de l’accouchement en contexte de rupture de la poche des eaux, et ses conséquences potentielles sur la santé des cerveaux des nouveau-nés.

L’étude est en anglais, mais ses auteurs (dont le dr CALDEYRO-BARCIA, très réputé dans le milieu de la médecine fœtale et de la périnatalogie) au vu de l’importance de leur découverte ont rédigé des résumés en allemand ainsi qu’en français.

Voici donc la copie intégrale du résumé français, ainsi que l’intégralité de l’étude en PDF, a transmettre à vos avocats et à vos médecins-conseils.

 » II est déjà connu que la production de Dips Type I par les contractions utérines est significativement plus haute après l’amniotomie qu’avant. Les Dips type I sont attribués a l’inégale compression de la tête fœtale ou à l’occlusion des vaisseaux ombilicaux pendant les contractions utérines.

Le but de ce travail est d’établir le patron de FCF (Fréquence Cardiaque Fœtale) au cours de l’accouchement, quand l’amnios reste intact jusqu’ä la dilatation complète du col. Aussi, de faire la comparaison entre la présence de Dip type I au cours du travail (avec une dilatation cervicale plus grande que 5 cm) entre les femmes qui ont leurs membranes intactes et les autres auxquelles on les a rompues.

L’étude est faite sur 37 femmes enceintes qui n’ont pas eu des complications pendant la grossesse, qui ont commencé spontanément le travail à terme sans avoir besoin d’Oxytocine, d’analgésie ou d’autres médicaments.

Pour 17 femmes les membranes sont rompues artificiellement au moment que la dilatation du cervix est arrivée a 5 cm (amniotomie précoce).

Pour les autres 20 femmes les membranes restaient intactes jusqu’à la dilatation complète du cervix.

La décision de rompre les membranes est faite au hasard. Dans tous les 37 travaux d’accouchement on a enregistré la pressure amniotique et la fréquence cardiaque fœtale.

Quand les membranes sont intactes, la FCF est enregistrée en utilisant les ultrasons. II n’y a eu aucune différence significative entre les deux groupes dans la duration du travail et le poids de naissance, le périmètre de la tête et le score d’Apgar des nouveaux-nés (Figs. 2, 3, 4).

L’incidence des Dips type I dans un groupe est indiquée par le percentage des contractions utérines qui produisent des Dips type I. Pour ce calcul toutes les contractions enregistrées dans un groupe sont sommées ensemble. La signification des différences dans l’incidence des Dips type I entre les deux groupes est déterminée par un test statistique non paramétrique.

Quand les membranes restent intactes jusqu’à quelques minutes avant l’accouchement l’incidence des dips type I est basse ou presque nulle (Figs. 5 et 6). Si la rupture se produit tardivement, quand la tête fœtale est déjà engagée, on enregistre une grande quantité de Dips type I après la rupture (Fig. 7). Apres l’amniotomie précoce, faite avant l’engagement de la tête, l’incidence des dips type I est basse (Fig. 8-A); quand la tête s’engage l’incidence augmente (Fig. 8-B).

L’influence des trois facteurs sur l’incidence des dips type I est analysée quantitativement : 1) Etat des membranes (intactes ou rompues); 2) Situation de la tête fœtale (avant ou après l’engagement), et 3) circulaire du cordon ombilical autour du col (présent ou absent).

Pendant la période de dilatation cervicale (Fig. 9) l’incidence des dips type I est significativement plus basse dans le groupe des travaux avec des membranes intactes (3%) que dans le groupe avec amniotomie précoce (21%). Ce résultat est d’accord avec l’hypothèse que la poche des eaux protège la tête fœtale de la compression reçue pendant les contractions utérines.

On rencontre un résultat semblable aussi en étudiant l’incidence des Dips type I dans la période avant l’engagement de la tête (Fig. 10-A) qu’après cet engagement (Fig. 10-B). Dans les deux conditions l’incidence de Dips type I est significativement plus basse dans les travaux avec des membranes intactes que dans les travaux avec une amniotomie précoce. Ce fait suggère que l’effet protecteur de la poche des eaux est présent avant et après l’engagement de la tète.

Aux travaux avec les membranes rompues, l’incidence est significativement plus haute après que la tête est engagée qu’avant cet engagement (Fig. 11-B). Cela indique qu’en l’absence de la poche des eaux l’engagement favorise la production des dips type I. Une même comparaison faite dans le groupe avec les membranes intactes ne démontre pas de différence significative avant et après l’engagement de la tête. Ce fait suggère que la protection donnée par les membranes intactes est présente même quand la tète est engagée (Fig. 11-A).

On n’a pas rencontré d’influence significative du circulaire du cordon ombilical autour du col sur l’incidence des Dips type I dans les deux groupes étudiés (Fig. 12).

L’incidence des Dips type II (ralentissement tardif, [10]) est très basse (moins que 2%) dans les deux groupes, d’accord avec la très bonne condition de tous les nouveaux-nés. Les Dips type II ne seront plus analysés dans ce travail.

L’évidence obtenue de l’observation clinique [l, 6,13,19, 20] indique que les Dips type.I peuvent être associés a la compression non-uniforme et a la déformation de la tête fœtale, laquelle peut produire des altérations a l’EEG [7], des lésions cérébrales [21] et des séquelles neurologiques [15].

Des recherches faites chez des animaux [12,14] démontrent que la compression de la tête fœtale réduit le flux du sang et l’apport d’oxygène au cerveau, lesquels sont les responsables d’altérations de l’EEG. Aussi, cette compression augmente le tonus du vague avec la conséquente chute de la FCF.

Tous ces facteurs nous font conseiller la reconsidération de la pratique obstétricale, très commune, de rompre les membranes artificiellement tôt dans la période de dilatation cervicale, comme une méthode de routine dans la conduite du travail d’accouchement. »

Etude intégrale des Dr SCHWARCZ et CALDEYRO-BARCIA :

Publié par

ATIDE

L’ATIDE est la seule association qui recense, informe et soutien les familles dont les enfants sont décédés ou handicapés des suites d’accouchements traumatiques, de l’usage des médicaments ocytociques (Oxytocine, Syntocinon…) et des dispositifs d’extractions instrumentales (spatule, forceps, ventouse).