Drame à la maternité de Chauny : décès de Lola pendant sa naissance.

En cause un traumatisme du rachis lors d’une manœuvre obstétricale.

Les faits

La maman de Lola, âgée de 30 ans, a été admise à 18h43 à la maternité du Centre Hospitalier de CHAUNY (Aisne) en raison d’une rupture de sa poche des eaux au terme de 38 SA.

Lola se présentait en siège complet. La dilatation du col fut très rapide. Le rythme cardiaque foetal (RCF) était normal jusqu’a 19h08.

Une bradycardie s’est installée et il a été décidé par l’équipe obstétrique d’accélérer la naissance en effectuant des manœuvres spécifiques.

Ainsi une manoeuvre de Lovset consistant à résoudre le problème du relèvement des bras de Lola a été pratiquée.

Manoeuvre de LOVSET
Source : Docteur M.Valentin, gynécologue-obstétricienne

Puis les manoeuvres de Mauriceau et de Bracht sont réalisées, permettant de dégager la tête de Lola.

Manoeuvre de MAURICEAU
Source Docteur M.Valentin, gynécologue-obstétricienne
Manoeuvre de BRACHT
Source Docteur M.Valentin, gynécologue-obstétricienne

Ces manoeuvres doivent être réalisées avec beaucoup de douceur et une extrême précision afin d’éviter toute traction ou rotation trop importante de la région cervicale pouvant entrainer des élongations importantes ou des ruptures au niveau du bulbe rachidien et/ou de la moelle épinière.

L’accouchement par voie basse a lieu a 19h13 et Lola est née en état de mort apparente.

L’affaire portée en Justice par les parents

Les experts évoquent l’hypothèse d’une réalisation traumatique de ces manoeuvres ayant conduit au décès brutal de Lola.

L’expert désigné par le Tribunal Administratif d’Amiens souligne qu’il lui est impossible de se prononcer sur un éventuel traumatisme rachidien et avance une possible pathologie de la moelle pour donner une explication au décès brutal de Lola. Le second expert désigné à appuyé ses dires.

L’hypothèse des lésions médullaires ( NDLR : relatifs à la moelle épinière) et bulbaires – et c’est là que le scandale de cette affaire décuple – n’a pu être corroborée en l’absence d’autopsie profonde et sérieuse.

Une autopsie scandaleusement bâclée

Avec l’accord de ses parents, une autopsie a été réalisée au CHU d’Amiens sur le corps de Lola, quatre jours après sa naissance.

Toutefois cette autopsie a été effectuée par un interne en formation insuffisamment supervisé et n’a pas été pratiquée dans les règles de l’art. Les résultats de celle-ci sont erronés, incomplets et n’ont pas permis selon les experts de déterminer la cause de la mort de Lola. Et notamment de se prononcer sur l’existence d’un traumatisme rachidien ou d’une pathologie de la moelle épinière pouvant expliquer son décès.

Le jugement

La Cour d’Appel de DOUAI a condamné le CHU d’Amiens pour négligences survenues lors de l’examen de l’autopsie de Lola ayant porté un « préjudice moral d’une particulière intensité » pour ses parents.

Dans les circonstances en l’espèce, le CHU d’Amiens est condamné à leur verser 20000 euros.

La requête des parents contre la maternité du Centre Hospitalier de Chauny en responsabilité médicale sur le décès de Lola est rejetée, faute d’éléments suffisamment à charge.

L’avis de l’ATIDE sur cette dramatique affaire

Nous manquons de superlatifs suffisamment fort reflétant notre profond malaise suite à l’épilogue de cette affaire.

Ce que nous observons, c’est que Lola allait très bien quand sa maman est arrivée à la maternité du Centre Hospitalier de Chauny. L’accouchement quand le bébé se présente par le siège est reconnu par le CNGOF comme n’étant pas dénué de risques.

La maman de Lola avait perdu les eaux, ce qui est une complication prévisible de l’accouchement reconnue par le CNGOF. Le tableau était donc primiparité + prématurité + présentation en siège complet + rupture de la poche des eaux. Le cumul de tous ces éléments additionné aux risques connus de la naissance en siège n’étaient-ils pas amplement suffisant pour indiquer une césarienne dans l’intérêt de la sécurité de Lola qui allait naître ?

Puis plusieurs manoeuvres obstétricales reconnues comme n’étant pas dénuées de risques d’asphyxies et/ou de traumatismes pouvant conduire à la mort foetale ont été pratiquées. Factuellement à ces manoeuvres s’en est suivi le décès brutal de Lola.

Nous sommes indignées par le fait que les experts ont évoqués, ce absolument sans aucune preuve ni fondement scientifique, la possibilité d’une pathologie de la moelle épinière de Lola. Cet élément a profité à la défense du Centre Hospitalier de Chauny, qui profitait déjà allègrement du bâclage de l’autopsie du nouveau-né.

Nous observons un déséquilibre flagrant entre la considération accordée à la famille de Lola et la considération accordée au Centre Hospitalier de Chauny, ce qui nous amène à nous interroger sur l’impartialité des médecins-experts désignés par la Cour d’Appel de Douai.

Nous ne pouvons nous empêcher de penser que l’autopsie de Lola aurait pu être volontairement sabotée dans le but de couvrir l’équipe obstétrique. Cette autopsie a été reconnue par la Cour d’Appel de Douai comme bâclée et non sérieuse, ce qui aurait dû être considéré comme étant un élément à charge contre le Centre Hospitalier de Chauny dans le cadre de sa responsabilité sur le décès de Lola. Cela aurait pu par ailleurs créer une jurisprudence si, à l’avenir, une affaire similaire se présentait.

Enfin nous déplorons que le CNGOF n’ai pas pris la peine de rédiger un communiqué officiel pour tirer les conclusions qu’il se devait de faire de cette affaire gravissime qui est la preuve flagrante d’un manquement à la sécurité de la naissance, agir afin qu’un tel drame ne se reproduise plus à l’avenir dans une maternité française, et affirmer publiquement son soutien à la famille de Lola dans sa recherche de la vérité.

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