Maylis, décédée 10 jours après sa naissance traumatique.

Après l’évitement in-extremis d’une fausse couche due à un décollement de l’oeuf à 2 mois de grossesse, des contractions précoces a 4 mois de grossesse, un cerclage à 4 mois 1/2, une rupture de cerclage à 5 mois, ma petite fille s’accroche ! On peut dire qu’elle et moi, on s’est battu pour se rencontrer.

Nous avons passé 3 mois alité dont 2 à l’hôpital, et là, à 7 mois de grossesse, ma petite Maylis semble vouloir pointer le bout de son nez.

Je perds les eaux, le col est dilaté de 3-4 doigts, il va falloir accoucher. Seulement c’est la nuit, il n’y a que l’obstétricienne de garde, une de celle qui pensait que je ferais mieux de retourner chez moi car elle avait besoin d’une chambre seule pour une autre future maman alors que moi j’allais bien. 2 jours après j’accouchais ! Heureusement que j’avais insisté pour rester à l’hôpital !

Je ne mesure qu’un petit mètre 48, il va de soi que j’accoucherais par césarienne, mais le docteur veut me faire accoucher par voie basse, les fils restants de mon cerclage sont retirés sans anesthésie par une interne pour qui s’est la première fois, la douleur est atroce, elle n’y arrive pas, mais l’obstétricienne laisse faire. Une fois enlevés et la péridurale faite, on tente l’accouchement par voie basse.

Le cœur de ma petite puce semble se fatiguer, à 7 cm de dilatation le col ne progresse plus. Ils virent mon conjoint de la salle d’accouchement et m’emmènent dans la salle de césarienne, et là, bébé va mal mais ils insistent pour me faire accoucher par voie basse.

J’entend l’obstétricienne dire que le bébé va mal, qu’il faut faire vite. La césarienne est enfin décidée.

La douleur est atroce, la péridurale est largement insuffisante, je leur dis mais rien n’y fait, ils n’ont plus le temps, j’hurle, je pleure, je sens le bistouri me découper, je les sens découper chaque lamelle de mon ventre (peau, muscle, utérus), et là je les sens tracter le bébé de haut en bas, de droite à gauche, en transversale.

Le bébé est coincé, sa tête s’est engagée, il leur a fallu 20 minutes pour la sortir. Je n’ai même pas le temps de l’apercevoir qu’ils me l’enlèvent.

Je leur demande affolée si elle est vivante, personne ne me répond, pendant que l’on me recouds, je croise au dessus de ma tête les yeux de l’anesthésiste, rouges, pleins de larmes. Je lui demande si elle va bien, il me dit ne t’inquiète pas mais je sais qu’il ment, je fais une crise d’hystérie, je les supplie de me dire la vérité, personne ne me réponds.

Seul son papa aura pu me rassurer, un pédiatre de réa lui a dit qu’elle allait bien, il l’a vu, elle est magnifique, elle est intubée mais ça va.

2 jours après, l’annonce. Le choc. L’échographie cérébrale et l’électro-encéphalogramme ont montrés des tâches dans le cerveau, des lacunes, des trous, à cause de la césarienne tardive.

Ma petite à manqué d’oxygène, son cerveau a souffert, le pronostic est sombre.

Elle s’envolera dix jours après sa naissance en réa avec assistance respiratoire, dans les bras aimant de son papa et tenant tendrement la main de sa maman.

Mon petit amour, ma petite Maylis, saches que ton papa et moi t’aimons du plus profond de notre âme, saches que nous sommes très fier de toi, de ton courage, de ta force, de ton combat pour la vie. Je sais que malgré la fin tragique, ma grossesse n’a pas été vaine puisque j’ai eu le bonheur de te rencontrer. Prends soin de toi ma belle, j’aimerais te dire de ne pas pleurer mais moi, je pleure chaque jours que Dieu fait d’être aussi loin de toi.

Saches mon amour que si nous avions pu nous t’aurions gardé, le handicap ne nous faisait plus peur, tu étais et es notre enfant. Nous nous serions battu tous les 3, mais nous n’avions pas le droit de t’infliger une vie végétative étrangère à tous sentiments humains. D’où que tu sois, j’espère que tu nous vois, que tu sais qu’on pense à toi, qu’on t’aimera pour toujours et que jamais on ne t’oubliera.

J’espère que toi non plus tu ne nous oubli pas, et que tu te rappelles les chatouilles que je te faisais au travers de mon ventre et les berceuses que te chantait ton papa en réa.

JE T’AIME. Papa et maman.

Sylvain et Maïté

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