Luca, décédé le lendemain de sa naissance traumatique.

Je vais essayer de vous raconter mon histoire, et mon bref moment de bonheur, avec mon bébé à la naissance.

Le 16 aout j’ai rompu la poche des eaux à 17h35 chez moi. Nous avons attendu l’arrivée de ma belle-mère pour garder ma fille de trois ans et demi et prendre le chemin de la maternité. J’avais quelques contractions, mais je n’étais pas en travail.

Arrivée aux urgences à 18h30,  et prise en charge qu’à 20 h environ, on m’a installée, sur une table, à moitié cassée. j’ai failli tomber 2 fois, car le bas de la table ne tenait pas. Mon mari m’a récupérée dans ses bras.

La sage-femme est venue, pour me faire mon bilan, me mettre un cathéter, et me faire un prélèvement vaginal. J’avais peu de contraction.

On m’a fait une échographie de contrôle (à ma demande), étant donné que mon bébé était déjà estimé comme grand et « dodu ». Le doppler et la quantité de liquide étaient normaux selon l’interne ce soir là. Estimé à 4,176kg .

On m’a conduit dans ma chambre, avec une dame accouchée de la veille avec son bébé. Je n’avais plus de contraction, et le liquide ne coulait pratiquement plus.

La sage-femme est passée rapidement à 21h30, en me disant qu’elle repasserait plus tard lors de son tour. Elle est repassée vers 23h30 et m’a demandé si j’avais diné. Je lui ai répondu que non, je n’avais mangé qu’une banane à 18h, sachant qu’il ne faut pas trop manger avant d’aller en salle de naissance, et surtout, si besoin éventuel de césarienne. Elle m’a ramené un encas. Un monitoring a été fait.

J’ai peu dormi de la nuit, car le bébé de ma voisine réclamait le sein régulièrement, comme tous les bébés allaités les premiers jours. Cette maman a été gentille d’aller se promener dans les couloirs entre 2 h et 3h du matin, sachant que son bébé n’arrivait pas a s’endormir et que j’avais du mal a me reposer.

A 5h la sage-femme m’a mis du Cytotec pour déclencher l’accouchement et accélérer les contractions. Le col n’avait pas bougé. Ecoute du rythme cardiaque de mon bébé fait pendant 20 minutes.

A 9h on me remet l’appareil  : anomalie de rythme (décélération) que j’ai entendu avec ma voisine de chambre. Le coeur a ralenti , puis est remonté. J’allais sonner, quand la sage-femme est arrivée. Pour elle, c’était du à un changement de position (je n’avais pas bougé). Elle m’a laissé l’appareil pendant un moment et me l’a enlevé ( a-t’elle averti un responsable ? ).

Après une douche pour me rafraichir mon mari et moi sommes parti nous promener sur conseils de la sage-femme, soi-disant pour accélérer le travail. A 11H45, nous sommes revenus car j’étais fatiguée et j’avais quelques contractions. Le liquide ne coulait plus. La sage-femme, m’a dit que l’on allait m’emmener en salle de naissance.

A 12h pose de perfusion et péridurale, et pose d’un autre comprimé de Cytotec en intra-vaginal. J’ai été examinée plusieurs fois par les sages- femmes et les étudiantes sages-femmes, qui repassaient systématiquement derrière elles.

On m’a fait plusieurs toilettes à la Bétadine. J’ai quelques contractions, après le comprimé, mais je trouvais que celle-ci ne venaient pas comme à mon premier accouchement (elles avaient été instantanées après ma rupture).

Ce n’est qu’en fin d’après-midi qu’ils se sont aperçus après m’avoir pris mes échographies qu’il restait une deuxième poche et qu’elle n’était pas rompue. La  sage-femme a percé cette poche et les contractions  sont devenues rapprochées et douloureuses. LA J’ETAIS EN TRAVAIL REELLEMENT. Mais après, je me suis demandée si j’avais bien fait de venir dans cet hôpital. Je me suis dit que je devais leur faire confiance et donc je ne me suis pas manifestée à poser des questions qui les auraient surement embarrassées.

Entre 19h30 et 20h30, je n’ai vu personne (surement la relève était là).

A 20h30 arrivée de la sage-femme de nuit qui sans me ré-ausculter, m’a annoncé qu’elle allait pratiquer l’accouchement.

Elle m’a enlevé le monitoring sans raison apparente, alors que moi je voulais le garder pour suivre le rythme cardiaque de mon bébé, et entendre si souffrance ou non pendant l’expulsion. Elle m’a répondu que ça me gênerait pour la naissance. On m’a enlevé les capteurs, et je n’entendais plus les bruits du petit coeur de mon bébé. Anxieuse, que mon bébé puisse souffrir, j’ai poussé de toutes mes forces, afin de le faire naitre, le plus rapidement possible. Et ça a fonctionné.

La sage-femme m’a même dit qu’elle voudrait bien faire des accouchements aussi rapide tous les jours ! En effet 11 minutes c’est rapide, mais le travail en lui même et la descente de mon bébé dans le bassin avait été à mon avis trop long.

Mon petit ange est né cyanosé. Quand elles me l’ont mis sur moi, il n’était pas rosé. Il avait du mal à prendre sa respiration, il pleurait, il gémissait. C’est là que j’ai vu que son état nécessitait des soins d’urgences mais la sage-femme ne montrait pas d’anxiété.

Elle était avec son étudiante et une autre personne, qui me semblait être aide-soignante, entrain de pronostiquer, en riant, le poids de mon bébé. Puis la personne, en blanc (aide-soignante), a fait la pesée et les mesures, mais a fait, aussi l’examen final, que la sage-femme devait faire.

Pendant ce temps la sage-femme finissait l’accouchement et me faisait mon point d’éraillure . Cette femme en blanc, qui n’était pas une sage-femme a dit, à celle-ci « il faudra refaire le test de la seringue, plus tard »

Quand elle l’a aspiré la sonde n’allait pas, et en la retirant elle a touchée un flacon du chariot. Elle s’est aperçut que j’avais remarqué ce geste donc a demandé à l’étudiante d’aller en rechercher une autre.

Pendant ce temps mon bébé respirait mal et elles continuaient tranquillement les soins. J’ai plusieurs fois dit que je le trouvais pas bien. J’avais vu qu’il avait déjà un tirage intercostal (problème respiratoire), signe d’une détresse respiratoire.

Après plusieurs demandes de ma part et voyant qu’il ne s’améliorait pas elles ont décidé de lui mettre de l’oxygène avec seulement des lunettes. Au bout d’un moment, elles ont vu que ça ne suffisait pas. Mon bébé geignait, et moi je me trouvais désemparée car je ne pouvais pas bouger. J’étais épuisée par le travail long de l’accouchement.

Je vivais un cauchemar, alors que çà aurait dut être l’un de mes plus beau jour de ma vie. Comme il ne revenait toujours pas à la couleur rosée, la sage-femme décida d’augmenter l’oxygène. Il était un peu mieux, mais geignait encore. Voyant qu’il était un peu plus rosé la sage-femme a diminué l’oxygène. Elle a mis un coussin d’eau sur sa tête, car il avait une bosse sérosanguine. Elle m’a dit que c’était sa bosse qui le faisait souffrir.

Après l’avoir mis dans une couveuse elles ont mis le saturomètre (il était à 50 %, après avoir été à 80%). La sage-femme m’a dit qu’on allait descendre en réanimation pour vérifier. La sage-femme est parti chercher une cloche à oxygène pour mettre dans la couveuse. Voyant qu’il n’était pas mieux, elle m’a ENFIN dit « nous allons appeler le pédiatre ».

Les minutes passaient et je ne voyais pas le pédiatre arriver. La sage-femme a décidé de prendre mon petit ange dans une salle à coté pour finir ses soins.

Epuisée et à bout de force je me suis brièvement endormie en espérant que mon bébé aille mieux et qu’il serait à coté de moi dans très peu de temps.

J’ai fait confiance à la sage-femme et au pédiatre qui j’espérais arriverai dans le plus bref délai. Je me suis réveillée en sursaut et j’ai demandé où était mon bébé. Ce n’était pas normal. Rien, pas de nouvelles. Mon mari s’est levé pour aller voir, et la sage-femme et une autre personne que je n’avais jamais vu (pédiatre?) sont venus en salle de naissance avec mon bébé en incubateur.

Mon bébé ne gémissait plus. Il ne pleurait plus. Je pense qu’il avait une sonde dans le nez (je l’ai vu de loin). Elles m’ont dit qu’elles le montaient en réanimation néonatalogie pour surveillance et qu’il redescendrait dans la matinée. Leur faisant confiance, je les ai laissé prendre mon enfant sans savoir que je ne le reverrai jamais vivant.

Ne pensant pas que mon bébé était entrain de mourir j’ai demandé si je pourrai l’allaiter plus tard pour éviter de retarder la montée de lait et permettre un bon contact avec lui. Elle m’a répondu que son contrôle de glycémie était  bon, et qu’il avait déjà eut du mal à prendre ce qu’on lui avait donné. Il n’était pas perfusé quand je l’ai vu partir, donc on lui a donné son traitement par voie orale, alors qu’il avait du mal à respirer?

Les soins gynécologiques ont été fait par l’étudiante sage-femme. Je n’ai plus jamais revu la sage-femme. Après, je suis montée dans une chambre vers 2h30, 3h. Mon mari est parti se reposer. Avant de m’endormir j’ai eu un mauvais pressentiment. Je me suis levée et je suis passée dans le couloir. Les auxiliaires étaient dans une pièce avec les bébés des mamans qui devaient se reposer.

Elles m’ont toutes regardées d’un regard bizarre. Je n’avais pas compris sur le moment mais je pense qu’elles devaient savoir que mon bébé ne résisterai pas à son épuisement. Je voulais aller faire un bisou à mon bébé avant de m’endormir. J’ai averti, les auxiliaires que je montais voir mon bébé. Elles m’ont indiqué l’escalier où je devais passer pour rejoindre, la réa néonatalogie. En y repensant, j’aurai pu faire un malaise dans l’escalier ou dans les couloirs, il n’y avait personne…j’avais eut un accouchement long, j’étais épuisée, mais une force exemplaire, me poussait à aller voir mon bébé.

« Personne jusque là ne m’avait avertie que mon bébé n’allait pas bien.« 

J’ai sonné. Quelqu’un m’a ouvert. Une infirmière je crois. Je me suis présentée et j’ai demandé à voir mon enfant. Elle m’a dit de m’asseoir, et là mon cauchemar a commencé. L’infirmière m’a dit que l’on était entrain de s’occuper de lui et que la pédiatre viendrai me voir. J’ai attendu en espérant de bonnes nouvelles.

Mais hélas la pédiatre m’a annoncé « votre bébé ne passera pas la nuit« .

J’ai cru que je dormais, que je rêvais, que j’allais me réveiller, et que tout irait bien pour mon bébé. Mes jambes ne me supportaient plus…Je pleurais toutes les larmes de mon corps. J’allais perdre mon bébé, que j’avais tant désiré, idéalisé, pensé. Je voulais mourir aussi. Avec lui. Je ne pouvais pas y croire, j’espérais qu’il aurait la force de revenir. On m’a dit de prévenir mon mari.

« Je suis donc redescendue, seule, par le couloir et les escaliers en pleurant pour aller chercher mon portable.« 

Je suis revenue dans le service et j’ai prévenu mon mari qui m’a rejoint en catastrophe.

J’ai pris mon bébé dans les bras et je lui ai parlé, parlé, parlé pour qu’il revienne à lui, qu’il ne m’abandonne pas, que son coeur « remonte ». Mais il était branché de partout et ne réagissait plus. Il respirait avec une pompe, qui faisait monter et descendre sa poitrine mais lui ne respirait plus tout seul.

Pendant que je parlais à mon bébé mon mari discutait avec le pédiatre. Le pédiatre, m’a dit qu’ils avaient eu du mal à l’intuber, car il avait une fente palatine. (l’autopsie n’a vu aucune fente palatine. Mon bébé était en parfait état général, aucune cause retrouvée).

La pédiatre a dit à mon mari quand il est entré dans le hall de la réanimation que notre bébé était déjà mort. Il avait fait un arrêt cardiaque, et que son coeur battait très lentement.

Moi j’espérais encore. Puis mon mari l’a pris dans les bras et a pleuré aussi. Son premier petit garçon allait partir à tout jamais. Je disais à mon mari qu’il fallait qu’on ait de l’espoir. Il m’a regardé dans les yeux et m’a annoncé que notre petit bébé était déjà mort.

Je me suis effondrée. Je ne voulais pas qu’il parte, je le niais, par système de défense , j’étais épuisée, je n’avais plus de force. Les infirmières m’ont dit d’aller me reposer, qu’elles m’appelleraient « quand il y aurait du nouveau ».

Je suis retournée dans une chambre avec mon mari. On a somnolé, pleuré notre bébé et vers 6 h la sage-femme nous a averti qu’il fallait remonter voir notre bébé.

Je lui ai demandé s’il était décédé. Elle m’a dit « oui ».

J’ai fondu, en larmes, mon compagnon, me soutenait comme il pouvait. On m’a emmenée en chaise car je ne pouvais plus marcher, par la douleur que je ressentais au fond de mon coeur, le déchirement, qu’a une maman, quand on lui annonce, qu’elle ne pourra plus voir son bébé vivant. Pas le voir sourire, grandir, vivre.

Nous l’avons vu inerte, refroidissant déjà, sans vie. Nous l’avons habillé de ses petits vêtements et pris une dernière fois dans nos bras.

Il était tellement grand qu’il dépassait le matelas. 3,840 kg et 54 cm.

Je lui ai dit au revoir et lui ai dit qu’on l’aimait de tout notre coeur. Mon mari l’a pris et l’a embrassé en lui disant en revoir.

Avant de partir de l’hôpital on a voulu le revoir. Une infirmière de garde nous a répondu « qu’ils ne le gardaient pas ici », et que si on voulait le revoir il fallait aller à la morgue. On l’a laissé et on est redescendu en pleurant.

On est reparti dans la chambre et j’ai demandé à sortir, car je ne supportais pas d’entendre les bébés pleurer dans le couloir.

Le chef de service et la cadre sont venus pour nous parler et nous expliquer les formalités.

Explication pour eux : suspicion d’infection avec choc septique (pas de germe retrouvé ni dans mes résultats, ni dans les résultats de mon bébé) .

Le chef de service a indiqué une autopsie de mon fils car il pensait à une malformation (autopsie revenue, pas de cause retrouvée, enfant sain).

J’ai vu une psychologue lors de ma visite avec le chef de service puis après l’autopsie. Je crois que ça m’a beaucoup aidé sur le moment mais encore maintenant.

Je pense qu’il s’agit d’une accumulation d’erreurs, et de manque de rapidité dans la prise en charge de mon accouchement et de mon fils. La sage-femme n’a pas agit assez vite.Quand au pédiatre, où était-elle ? quand est-elle réellement venue ?? Mon bébé souffrait-il déjà lors de l’accouchement ? Mais alors pourquoi on m’a débranché le monitoring durant un moment ? Fallait-il me faire une césarienne ???

« J’ai redemandé à voir le chef de service, qui, devant mes questions un peu trop curieuses sur le déroulement des événements m’a pris rendez-vous… avec le pédiatre !« 

Mais ce jour là la pédiatre qui s’était occupé de mon bébé était absente à cette réunion. Seul le pédiatre en chef (pas de badge) était présent.

 » Le chef de service et ce médecin ne sachant pas quoi me répondre face à mes questions sont revenus sur l’hypothèse du choc septique, par infection. « 

J’ai donc demandé à voir la pédiatre qui s’est occupée de mon bébé. Ils m’ont répondu que ce n’était pas possible car, elle avait changé de service. (coïncidence ou changement pour raison de faute professionnelles ?) 

J’ai demandé mon dossier médical. On me l’a envoyé longtemps après, avec des erreurs de retranscription et de prise en charge de mon accouchement. Je n’ai pas pu avoir tout le dossier. Il manquait les preuves que mon bébé avait souffert avant la naissance, dont tous les enregistrements du rythme cardiaque de mon bébé.

Je pense que mon dossier a été modifié, pour ne pas avoir de problème, mais le coeur d’une maman n’oubli pas toutes ces choses, et pour la mémoire de mon enfant je cherche à savoir la vérité.

« Même s’il s’agit de fautes professionnelles ou de négligences les mamans ont besoin de savoir pourquoi leur bébé est mort, pour pouvoir se reconstruire.« 

Ce n’est pas en culpabilisant les mamans ou en inventant des pathologies que les médecins doivent agir. L’erreur est humaine, mais on doit avouer et non cacher pour pouvoir se faire pardonner.

Je pense que l’équipe a dû mal vivre mon séjour et la mort de mon bébé, mais moi j’ai besoin de savoir POURQUOI. Si vous lecteur vous avez pu me comprendre faite-moi signe et dites ce que vous en pensez.

Merci de m’avoir lu. Mon récit fut long, et encore, je n’ai pas pu tout raconter.

MILLE MERCIS POUR VOTRE SOUTIEN

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